jeudi 21 avril 2011

A Nantes, toute une famille de six personnes a disparu

Étrange affaire qui mobilise de nombreux policiers depuis mardi. Un couple avec ses quatre enfants, parti sans laisser la moindre trace, reste introuvable. Une enquête pour est en cours.
Sur la porte, à la place de la boîte aux lettres, un carton fixé au scotch mentionne : « Courriers à retourner à leurs expéditeurs, merci. » Derrière les volets clos de cette maison nantaise, plus personne. Ou plutôt, si. Depuis plusieurs heures, la Crim'de la police judiciaire passe les lieux au peigne fin. Ici vivaient six locataires : les parents et leurs quatre enfants âgés de 14, 17, 19 et 20 ans. Ils ont tout quitté la première semaine d'avril. En laissant les meubles.
Ce sont les voisins qui se sont inquiétés les premiers. Surtout lorsque la petite amie de l'un des garçons a fondu en larmes devant eux, visiblement atterrée par la situation. Ils ont alerté le commissariat le 13 avril. Comme une cousine du père, un peu plus tard.
En examinant les choses d'un peu plus près, les enquêteurs sont allés de surprise en surprise. Avec le sentiment mitigé d'être face à un départ organisé, mais au moins autant précipité. Le père, un commercial de 50 ans, a quitté son emploi. Tout comme sa femme, 49 ans, surveillante dans un établissement scolaire.
Malgré l'inscription de la famille au fichier des personnes recherchées, impossible de reconstituer son parcours. Pas de trace de son passage dans les aéroports, les gares. Pas de mouvement sur les comptes bancaires. Les téléphones portables, impossibles à localiser, restent muets.
Tout se passe comme si les fils susceptibles de mener à eux avaient été sciemment coupés. Seule, une amie du couple avait été prévenue du départ. Au chapitre des éléments rassurants, aucune trace de sang ou de violence n'a été relevée sur les lieux.
Appel à témoins imminent
Au café du coin, quelques clients intrigués désignent deux voitures appartenant, selon eux, aux disparus. Sur le capot de l'une d'elle, quelqu'un a gravé dans la poussière : « T'avais pas le droit, tu nous manques ». « Le monsieur venait quelquefois, il était sympa, dit un habitué. Sa femme ? On la voyait de loin. Ils habitaient là depuis cinq ou six ans. »
Face à cet insondable mystère, une enquête pour disparition inquiétante a été déclenchée, mobilisant conjointement les limiers de la sûreté départementale et de la police judiciaire. Aucune piste n'était écartée, hier. La famille, qui vivait sans grand moyen, ne semblait pas non plus criblée de dettes. Elle a par ailleurs parfaitement le droit d'aller et venir comme bon lui semble.
Reste que deux des enfants sont mineurs. « Si on les retrouve et que tout va bien, on n'interviendra pas, sauf à rassurer les proches, explique une source proche du dossier. En revanche, il faut absolument qu'on vérifie que les enfants ne sont pas en danger, qu'ils mènent une vie paisible, sont scolarisés. »
Ce matin, le procureur de la République de Nantes, Xavier Ronsin, s'adressera à la presse. Avec, a priori, un objectif : lancer un appel à témoins.

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