C'est l'une des affaires les plus énigmatiques de ces dernières années", concédait, intrigué, un enquêteur quelques jours après l'étrange découverte au large des Goudes. Le 4 octobre dernier, en fin de journée, le cadavre en décomposition d'un homme avait été repêché à proximité de la calanque de Marseilleveyre. Son visage était entièrement recouvert de scotch, du bas du cou jusqu'au sommet du crâne, et un sac plastique recouvrait le tout.
Encore plus étrange, des chaînettes, verrouillées par un cadenas, entravaient ses mains et ses pieds. Elles avaient elles-mêmes été reliées à une corde, longue de 25 mètres, accrochée à une ancre censée maintenir le corps au fond de l'eau. Or, tout avait favorisé le retour du corps à la surface de l'eau... Très vite, les enquêteurs de la brigade criminelle allaient se heurter "au profil" de la victime: Jacques Métais, un Parisien retraité de la Banque de France âgé de 66 ans. Cet homme était venu s'installer à Meyreuil avec son épouse, voici quelques années.
Désormais séparé, il vivait la plupart du temps sur son voilier, aux Baléares. Le mystère est désormais résolu. Son épouse vient d'avouer le crime. Interpellée mardi matin, cette femme âgée de 54 ans, qui venait d'entamer des études de psychologie, a fini par craquer lors de sa garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle.
Accablée par de nombreux éléments matériels à charge ainsi que par l'incohérence de son comportement peu après la découverte du cadavre de son mari, elle a livré aux enquêteurs les clés de l'énigme. C'est à Bandol que la tragédie se noue. Sur son propre catamaran. Si les époux sont séparés, ils ne se privent pas de quelques nuits d'amour. Mais fin septembre, l'ambiance est tendue. Jacques Métais, dépeint comme "dépressif", est ivre.
Atteint d'un cancer, il se sait condamné. L'alcool le rend agressif. Violent. Il a d'ailleurs été condamné pour des violences conjugales. Ce soir-là, il se serait jeté, une fois de plus, sur son épouse et aurait tenté de l'étrangler. D'abord dans un geste de défense, puis "avec la volonté de le tuer", sa femme l'aurait étouffé en lui mettant sa main sur la bouche.
"Jacques Métais n'était pas bien épais. Et en plus, il lui manquait un poumon. Elle n'a pas dû avoir trop de mal à le maîtriser", note une source proche du dossier. Son mari mort, ne supportant pas la vision de son visage, elle se serait alors emparée d'un rouleau de gros scotch pour ne plus subir son regard. D'où l'étrange mise en scène... Elle aurait ensuite navigué jusqu'au large de Marseille où elle se débarrassait du corps, pensant l'avoir suffisamment lesté. L'épouse a été présentée hier soir à la juge Ugolini. Le Parquet de Marseille a requis sa mise en examen pour "assassinat" et son placement en détention provisoire.
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/marseille-la-femme-du-momifie-avoue-le-crime
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