lundi 9 mai 2011

Nice: le chef cuisinier tue un patron qui ne lui versait pas assez vite son salaire

C’est une affaire doublement insolite que va examiner à partir de ce matin la cour d’assises des Alpes-Maritimes. En premier lieu, ce meurtre survient dans la communauté chinoise de la Côte d’Azur, réputée peu criminogène. Il est enfin provoqué par un banal litige financier. Pour un arriéré de salaire non versé, un chef cuisinier, sans histoire ni passé judiciaire, tue à Nice son employeur le 19 août 2009 peu avant minuit.

Clandestin et donc vulnérable, Qinq-Long Li, 35 ans, ne souhaite plus diriger les fourneaux du restaurant « Osaka », ouvert deux mois plus tôt rue Dalpozzo. Hébergé dans un logement décrit comme insalubre, se plaignant de diverses brimades de la part du restaurateur et de son épouse, il veut regagner Paris. Désargenté, il entend être réglé sur le champ des jours travaillés en août. Impossible, lui répond son patron, le comptable est en vacances pour quelques jours. Le ton monte avant que Qinq-Long Li ne se saisisse de deux couteaux et n’en frappe à sept reprises Jiang Haoxin, 29 ans. Celui-ci décède quinze minutes plus tard. Menacée de mort, son épouse parvient à se barricader dans une pièce.

Un drame de « l’humiliation » ?

En cours d’instruction, le chef cuisinier, issu d’une modeste famille d’agriculteurs de la province du Fujian, jure ne pas avoir eu l’intention de tuer son patron. Il soutient avoir « glissé » sur le sol avant de porter des coups. Incarcéré depuis vingt mois, maintiendra-t-il à l’audience une version infirmée par de nombreux témoins ? « Il s’était senti abaissé, bafoué par le couple de restaurateurs », plaide son avocat, Me Bernard Ginez. « C’est le drame de l’humiliation. » À l’issue de trois jours de débats, les jurés devraient rendre leur verdict mercredi soir.  

http://www.nicematin.com/article/faits-divers/nice-le-chef-cuisinier-tue-un-patron-qui-ne-lui-versait-pas-assez-vite-son-sala

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