vendredi 20 mai 2011

Que s'est-il passé au passage à niveau ?

Sullivan Boulhaut allait sur ses 30 ans. Originaire de la Marne mais habitant Dizy-le-Gros depuis 5 ans, il est mort après avoir été percuté par un train, mercredi soir.

«C'EST un passage à niveau dangereux comme tout passage à niveau mais la visibilité est excellente : on voit clairement les trains arriver. » Georges André, le maire de Variscourt ne s'explique pas la tragédie qui s'est déroulée mercredi soir vers 19 heures, dans la commune. « À ma connaissance, aucun accident n'a été recensé à cet endroit », poursuit l'élu, abasourdi.

Selon les premiers éléments de l'enquête de gendarmerie, à bord de sa Fiat Bravo, Sullivan Boulhaut, 29 ans, force le passage alors que les barrières sont en train de s'abaisser. Un train lancé à plein régime percute la voiture et la propulse sur plusieurs mètres. La violence du choc n'a laissé aucune chance à l'homme.

Des analyses en cours

Les gendarmes de la compagnie de Laon excluent formellement qu'il puise s'agir d'un geste délibéré d'une personne souhaitant mettre fin à ses jours. « Ses proches nous dressent le portrait d'un homme heureux de vivre, absolument pas dépressif », indique même une source proche de l'enquête.
Moment d'inattention, faute commise par un homme pressé ? « Difficile de savoir. Comme le veut la procédure, un prélèvement sanguin a été réalisé et des analyses toxicologiques sont en cours », poursuit encore un gradé de la gendarmerie.
Le maire, Georges André, se demande lui si « deux trains ne se sont quasiment pas croisés à cette heure-là. J'ai déjà été surpris par ce phénomène : un train passe, les barrières se lèvent et au moment où on va redémarrer les barrières se referment parce qu'un train arrive dans l'autre sens. »

Discret, sympathique

Si les circonstances précises de l'accident sont encore floues, le drame suscite d'autres questions. Que faisait Sullivan Boulhaut dans ce coin totalement perdu, a environ 30 kilomètres de Dizy-le-Gros où il résidait ? C'est un reste de départementale qui mène jusqu'à Variscourt et qui coupe ainsi la voie ferroviaire. « C'est bien simple, ça se termine en cul-de-sac dans le centre du village alors les gens qui franchissent le passage à niveau ce ne sont que les habitants de la commune ou des personnes s'y rendant », explique le maire Georges André. Il est très surpris comme la petite centaine d'habitants de la commune. « Pour l'instant, personne ne s'est manifestée pour dire qu'il connaissait la victime ou qu'elle se rendait chez elle. Que faisait-il ici ? Pourquoi un crochet par la commune ? C'est un mystère. »
Début d'explication, le jeune homme habitait à Dizy-le-Gros et travaillait dans le secteur de la maçonnerie sur les environs de Reims. Pour rentrer du travail, il doit logiquement passer à proximité de Variscourt, mais 10 kilomètres plus à l'ouest lorsque, de Reims, il doit remonter toute la D 966 sur près de 40 kilomètres avant d'arriver chez lui. « ça lui arrivait de temps en temps de passer sur un chantier ou d'aller voir un chantier », croit savoir Jean-Marie Bouché, le maire de Dizy-le-Gros.
C'est lui qui a dû annoncer la triste nouvelle à la compagne de Sullivan Boulhaut, mercredi vers 20 heures.
Le couple habite rue de La Poste à Dizy-le-Gros depuis 5 ans. « Il retapait une maison. Tous les deux sont originaires de la Marne et travaillent dans les environs de Reims. Un couple discret. Des gens très sympathiques. Je crois qu'ils allaient être parents. Je pense qu'elle avait essayé de le joindre auparavant sur son portable… Elle était en état de choc et comme on ne voulait pas qu'elle reste seule, nous l'avons conduit chez sa mère à Reims. C'est un traumatisme pour la commune : mourir si jeune dans un accident… »
Sullivan Boulhaut allait avoir 30 ans en septembre.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/que-sest-il-passe-au-passage-a-niveau

Aucun commentaire: