Entre le 28 février et le 20 avril dernier, ce jeune carcassonnais aurait détourné l'eau de son compteur pour un préjudice estimé par le fournisseur du compteur en question, la Lyonnaise des eaux, comme « dépassant largement le montant de la consommation d'un foyer ». Après un dépôt de plainte, ce jeune homme a été entendu par la police et devra se présenter en juillet prochain devant le tribunal correctionnel de Carcassonne. Une affaire plutôt rare jusqu'à maintenant puisque le plus souvent ce type de « détournement » n'atterrit pas sur la table des juges pour deux raisons : les compagnies fermières préfèrent régler le problème par la négociation, mais surtout parce qu'il est très difficile de repérer les contrevenants.
Que la distribution d'eau soit gérée directement par la mairie ou confiée à une société privée, on communique avec beaucoup de prudence sur le sujet. Tout au plus reconnaît-on à la Lyonnaise des eaux « qu'il y a des problèmes plutôt marginaux » de captage illégal, que la société de distribution qualifie très clairement de vol.
Compteurs de jardins, piscines…
En fait, la suppression, dans la plupart des grosses communes des fameux compteurs «jardin», et la multiplication des piscines, ont encouragé les vocations. Les techniques des « voleurs d'eau » sont multiples et ont dans la plupart des cas fait leurs preuves. La plus ancienne, et sans doute la plus redoutée des distributeurs, consiste à retourner le compteur pendant un certain nombre de jours, histoire de faire tourner le compteur à l'envers et de faire chuter le nombre de mètres cubes consommés. Certes, il y a en principe des scellés plastiques qui interdisent ce démontage, mais un peu de colle permet d'effacer le forfait de façon quasi indétectable. D'ailleurs les distributeurs privilégient aujourd'hui des compteurs « irréversibles » munis d'une vanne anti-retour. Mais de là à changer tout le parc de compteurs, il y a un pas qui laisse encore pas mal d'espace aux « récupérateurs ». 36 951 compteurs sont en service sur l'agglo de Carcassonne !Une autre technique, souvent utilisée pour remplir les piscines, consiste, de nuit de préférence, à débrancher l'arrivée d'eau avant compteur pour connecter un tuyau en consommation libre. « C'est vrai, reconnaît le responsable local d'une société de distribution, que les gens font le calcul. Une piscine, c'est pas loin de 50 mètres cubes. A quatre euros, plus ou moins, le mètre cube, ça fait 200 euros. »
Quand ce ne sont pas tout simplement des branchements avant compteur très difficiles à repérer, surtout sur les anciennes installations où le compteur se trouve sur un terrain privé. Le kit complet de prise en charge pour ce type de branchement sauvage se trouve en supermarché.
Et puis il y a les solutions plus radicales, où l'on a vu des usagers se brancher, discrètement et directement sur des bouches d'incendie ou sur le compteur… du voisin !
Un gérant de bar carcassonnais affirme même s'être aperçu que l'établissement qu'il venait d'acquérir ne possédait tout simplement pas de compteur !
Et si les distributeurs reconnaissent avec beaucoup de réticences que ce type d'arnaque a plutôt tendance à augmenter, ils n'engagent pas moins des équipes spécialisées pour découvrir les « voleurs d'eau ». Un forfait qui, s'ajoutant aux impayés, révèle un impact inattendu de la crise.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/08/1101375-les-petites-arnaques-des-voleurs-d-eau.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire