Franck B., natif de Jarville et âgé de 37 ans, est-il un pervers sexuel, un criminel en puissance sinon un tueur en série ? Hier, au terme de sa garde à vue, il a été mis en examen pour tentative d’homicide. Samedi dernier, route de Dasle à Seloncourt, il aurait agressé Sandrine, 35 ans, en lui portant deux coups de couteau au thorax avant qu’elle ne parvienne à le désarmer, forte de sa science des sports de combat. Une défense qu’elle a chèrement payée en se faisant sectionner un tendon du poignet .
L’affaire Zaretti en filigrane
Lors du débat devant la juge des libertés et de la détention (JLD), à la lumière blafarde de ses lourds antécédents, la procureur a parlé d’un homme « à la psychologie dangereuse ». Le 26 juin 1995 à Morvillars, après s’être tapi dans l’ancienne cure, il était passé à l’action, armé d’un couteau, pour agresser sexuellement une femme. « J’ai vu la mort en face », témoignait la victime, devant les Assises de la Haute-Saône en avril 1997.
Pour ces faits, la cour avait rejeté la tentative de meurtre pour ne retenir que l’agression sexuelle et condamner l’auteur, qui disait à l’époque « ne pas supporter le regard des femmes », à 5 ans de prison dont six mois avec sursis. En Vendée où la famille avait migré, Franck B. s’était également tristement illustré. Caché dans les toilettes d’une école, il s’y était dénudé avant d’attaquer une femme de ménage. Le tribunal de La Roche-sur-Yon l’avait condamné à deux ans de prison dont un an ferme.
Depuis son arrivée dans le Pays de Montbéliard, cet homme « schizophrène », comme le désigne son avocate M e Pontvieux, semblait s’être assagi. Jusqu’à ces faits de samedi dernier et cette agression pour laquelle il a été confondu grâce à l’imposant tatouage tribal qu’il arbore sur le bras.
Le suspect de Vandoncourt clame son innocence
« Mon client nie les faits mais comprend, au regard de ses antécédents, qu’il puisse être soupçonné », convient son avocate. Et si son déferrement a été retardé à hier, alors qu’il était en garde à vue depuis mercredi, c’est parce que les enquêteurs s’interrogent sur un autre crime. Celui de la Vandoncourtoise Cécile Zaretti, poignardée à 50 reprises en octobre dernier.
De source proche du dossier, des éléments troublants apparaissent. L’arme du crime. À savoir un couteau qui n’a jamais été retrouvé. Or, Franck B. a souvent sévi équipé d’un couteau. Ses motivations partaient souvent d’une pulsion sexuelle à l’égard des femmes. En garde à vue au commissariat de Montbéliard, il en a encore donné un aperçu en ne pouvant réprimer certaines pratiques.
Enfin, il habite chez sa mère, route de Dasle a proximité d’un chemin de traverse qui débouche à… Vandoncourt. S’il ne s’agit que de pistes de réflexion, elles intriguent fortement. De là à en déduire qu’Anthony R., 28 ans, est actuellement en détention (depuis janvier) pour un crime qu’il n’a pas commis et pour lequel il clame son innocence a de quoi, à tout le moins, semer le doute et le trouble. Hier soir, la JLD a décidé d’envoyer Franck B. en détention à Besançon. Les investigations vont désormais se poursuivre sous commission rogatoire.
http://www.estrepublicain.fr/fr/fil-info/info/5390576-Faits-divers-Tentative-de-meurtre-de-Seloncourt-Montbeliard-un-lorrain-suspecte-d-etre-un-tueur-en-serie-arrete
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire