jeudi 14 juillet 2011

Qui avait acheté sur le Web ?

C’est un homme imposant qui était prévenu au tribunal, hier. Un Dijonnais habitué des audiences, mais qui a su, cette fois, faire douter de sa culpabilité. Les faits qui lui étaient reprochés sont anciens : entre février et mars 2008, il aurait utilisé une carte bleue qui n’était pas la sienne pour réaliser divers achats sur internet puis se les faire livrer à son domicile. Au total, ce sont 58 commandes qui ont été passées, pour un total de 4 000 € au préjudice d’une entreprise. La carte avait été oubliée dans un supermarché de l’agglomération où les chiffres avaient semble-t-il été recopiés.
Au départ, tout semble limpide : les adresses mail utilisées portent son nom, les colis sont livrés à son adresse.

Il incrimine un « ami »

Mais le prévenu n’a cessé de clamer son innocence : au moment des faits, il hébergeait un ami qui a tout manigancé. Il avait même communiqué le nom de cette personne aux forces de l’ordre venues l’interroger. Il précise également avoir demandé une expertise, qui montrerait qu’il n’a effectivement pas signé pour la réception des 58 colis. Son avocat insiste : « Il n’a pas un physique que l’on oublie facilement, l’instruction aurait au moins pu demander au livreur s’il reconnaît effectivement le prévenu. » L’homme précise également qu’il a déposé plainte en février car sa boîte aux lettres était fracturée. Les policiers, venus constater les dégâts en septembre suivant ont trouvé la boîte réparée. Enfin, seuls deux objets incriminés sont retrouvés à son domicile lors de la perquisition. Il le concède, il a effectivement acheté ces objets, mais à l’ami qu’il hébergeait après que celui-ci en a passé commande sur internet.
Des parades auxquelles le ministère public a du mal à adhérer : les achats se répartissent sur un mois. Un mois durant lequel il aurait fallu au suspect incriminé camper dans le hall de l’habitation, chaque matin, dans l’attente du livreur. « Et quand bien même cela serait possible, les adresses électroniques portent le nom du prévenu. C’est difficilement contestable ! », ajoutera Maître Fortes dans ses réquisitions. Elle demandera au tribunal quatre mois d’emprisonnement.
Au terme du délibéré, le prévenu a été relaxé au bénéfice du doute.
http://www.bienpublic.com/cote-d-or/2011/07/13/qui-avait-achete-sur-le-web

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