Le tribunal a l'habitude de juger des voleurs de cuivre ou de voitures. Cette fois, ils ont eu affaire à des amateurs de verres et de croquettes, entre autres.
CHEVEUX courts et châtains par endroits, longs et blonds décolorés ailleurs. Allure de garçon manqué pour sa sœur aînée. Cheveux noirs qui lui arrivent aux épaules pour le copain, dont le frère mineur est aussi impliqué. Ils ont l'allure de jeunes désœuvrés, mais aussi le comportement. Hier, à la barre du tribunal correctionnel de Laon, on a souri quand ils ont fait la liste des objets volés dans des commerces de Tergnier, chez des particuliers à Viry-Noureuil ou à La Fère. Ici, une bouteille de produit WC ; là des croquettes pour chien, une boule de billard ou encore deux verres et un fond de rosé.
Attirés par les endroits désaffectés
Mais le président Fabre ne s'est pas amusé bien longtemps compte tenu du nombre important de victimes, mais aussi des dégradations commises sur les portes et les fenêtres pour parvenir à leurs fins et surtout en raison de la désinvolture des trois prévenus.
Ces vols, ils les ont commis à deux, à trois, parfois à quatre et ont dû s'en expliquer devant les juges. Ce distributeur de préservatifs par exemple : « On a essayé de le desceller pour récupérer l'argent. On n'y arrivait pas alors on a laissé tomber. » Ce commerce, fermé depuis un moment, pourquoi ? « On voulait visiter, on aime bien tout ce qui est abandonné, on est attirés par la tranquillité des lieux », affirme celui-là le plus sérieusement du monde. Et le rétroprojecteur qu'il a embarqué comme souvenir de sa visite ? « J'ai toujours rêvé d'en avoir un ! » Ce bar, où ils ont volé une boule de billard ? « On y allait avec nos parents quand on était petits, on voulait voir comment c'était devenu à l'intérieur. »
Coincés par l'une des victimes
Quand la substitut du procureur demande à la demoiselle ses motivations, elle répond « je voulais sortir de chez moi pour me changer les idées, j'allais les voir et je les suivais ». Pourquoi ne pas avoir fait quelque chose de légal pour se distraire, comme se balader, tout simplement ? « J'aurais été toute seule. » Forcément, vu sous cet angle…
Le trio justifie donc ses incursions par l'attrait des endroits désaffectés. L'argument, pas des plus convaincants, perd son peu d'épaisseur quand on sait que la petite bande a aussi visité des maisons habitées. C'est d'ailleurs après l'une de ces incursions qu'ils vont se faire pincer. La demoiselle a mis une tronçonneuse - volée - à vendre sur un site Internet. Le propriétaire légitime a reconnu son bien et a donné rendez-vous sur un parking de supermarché pour, croit-elle, faire une transaction. Sauf qu'il viendra accompagné des gendarmes.
« Les vols sont ridicules mais les dégâts sont considérables. Si vous vous ennuyez, trouvez un emploi, louez une maison où vous pourrez vous réunir avec vos copains et vous n'aurez plus besoin d'aller chez les autres », leur a recommandé la substitut du procureur qui a proposé de les mettre au travail.
Le tribunal l'a suivie dans cette voie, les condamnant à des peines de prison allant de quatre à huit mois de prison avec sursis, mais surtout à 105 heures de travail d'intérêt général pour les deux plus impliqués. Tous les objets, qui étaient stockés au domicile de l'un d'eux, ont été confisqués. Même le produit WC ?
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/ternois-ils-volaient-tout-et-nimporte-quoi-le-drole-de-butin-de-jeunes-desoeuvres
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