Une première. Un ancien directeur de la centrale de Chooz comparait en correctionnelle pour harcèlement.
«DES divergences sur des choix d'orientation entre la direction et un petit groupe de personnes. Nous ne nions pas l'existence d'un conflit mais en renvoyant M. Joly en correctionnelle, c'est une violence à la loi pénale que l'on fait. Nous contestons donc les faits de harcèlement, l'infraction est d'ailleurs extrêmement difficile à établir. »
Interrogé par nos confrères de La Nouvelle République, l'avocat de l'ancien directeur de la centrale de Chooz Jean-Paul Joly - qui comparait cet après-midi pour de faits de harcèlement devant le tribunal correctionnel de Charleville - donne d'entrée la couleur de sa ligne de défense.
Ténor du barreau parisien et dirigeant national du PS - où il a notamment surveillé en juriste averti le bon déroulement des primaires - Jean-Pierre Mignard a déjà été confronté, il est vrai, à des dossiers ardus. Il fut partie prenante dans des affaires célèbres : les écoutes de l'Élysée, l'attentat du DC-10 d'UTA, le procès Eurotunnel, le naufrage du pétrolier Erika et plus récemment l'affaire Clearstream !
Désormais responsable de la centrale de Civaux, dans la Vienne, Jean-Paul Joly est poursuivi pour des faits remontant à la période 2005-2008, quand il dirigeait la centrale de Chooz. L'ordonnance de renvoi évoque, excusez du peu : une dégradation des conditions de travail susceptible de « porter atteinte aux droits et à la dignité, d'altérer la santé physique ou mentale » de l'une des victimes ; avoir déménagé le bureau d'un autre plaignant pendant l'arrêt maladie de ce dernier, l'évinçant en outre de plusieurs missions ; avoir menacé à plusieurs reprises une troisième victime, « l'humiliant en public au sujet de son état de santé » ; avoir bloqué la carrière de plusieurs salariés, ne reconnaissant pas à l'un d'eux « son expérience antérieure pour lui proposer un reclassement après la suppression de son poste » ; n'avoir « confié aucune mission, malgré des demandes répétées » à un autre plaignant, « mettant ainsi en échec sa formation et ses perspectives de carrière » ; avoir sollicité l'une de ses principales victimes « à plusieurs reprises pour lui faire renoncer à un recours contre EDF, malgré un état de santé défaillant » ; ou encore avoir « supprimé un poste sans aucun reclassement dans l'entreprise malgré des demandes répétées. »
Sept victimes
De l'autre côté de la barre, sept victimes lui feront face.
C'est un rapport de l'inspection du Travail, en 2007, qui avait alerté le parquet.
Dans nos colonnes, à la mi-décembre, Régine Morazzani, médecin conseil EDF depuis 1995 avait accepté d'évoquer les « brimades et les mises au placard » subies par un certain nombre de salariés. « Ils sont sept à avoir finalement porté plainte. Mais ils sont plus nombreux à avoir subi les agissements de M. Joly. Certains d'entre eux ont vécu une véritable descente aux enfers, cette période a été terrible pour eux, avec des conséquences bien réelles sur leur santé. Certains ont pu s'en sortir, d'autres sont toujours en dépression, sous calmants. J'ai des dossiers médicaux terribles, notamment le cas d'un salarié en invalidité définitive et totale. Quand j'ai vu de quoi il retournait, j'ai estimé de mon devoir d'alerter ma hiérarchie, d'abord au niveau régional à Nancy puis national à Paris. On a envoyé quelqu'un, un médiateur, mais ça n'a rien réglé, peut-être même au contraire… »
« Conflit et divergences sur des choix d'orientation » comme va le soutenir Me Mignard ou forme de management s'apparentant à du « harcèlement » ? Loin du vase clos que constituent les centrales, c'est à cette question que les juges vont devoir répondre dans une atmosphère qui risque de s'avérer sinon électrique, en tout cas très pesante.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/lex-directeur-defendu-par-un-tenor-du-barreau-et-du-ps
1 commentaire:
Joly avait déjà incorporé le déclassement des accidentés du travail dans son management, il y a des preuves et des temoins.
Mais lui ,avec ses fautes graves, il est pistonné à un niveau mondial pour se faire oublier en France .
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