Trop faible pour prendre la fuite, Marguerite, 92 ans, n’a dû son salut qu’à l’intervention des pompiers, sa sœur Marie, 98 ans, avait pu, elle, s’extirper à temps de leur appartement
Elle est restée assise sur sa chaise malgré les flammes. Prisonnière de son corps affaibli, peut-être aussi tétanisée par la peur. Marguerite Bruzzone, 92 ans, n'a dû son salut qu'à l'intervention des sapeurs-pompiers, jeudi matin à Nice, dans son appartement du centre-ville gagné par un incendie.
Blessée, elle a été évacuée vers le centre des grands brûlés à Toulon. Si son pronostic vital n'était a priori pas engagé, les médecins restaient réservés quant aux suites, compte tenu de son grand âge.
« Au feu ! » 11 h 15, jeudi. Un témoin fait irruption dans la caserne Hancy. Il a vu des fumées s'échapper d'un immeuble de trois étages, tout près de là, au 5, rue d'Alger. La cuisine brûle au premier, dans un F5 d'une centaine de mètres carrés où habitent deux sœurs : Marguerite et Marie Bruzzone. À 98 ans, cette dernière a trouvé les ressources pour fuir. Sa sœur n'a pas pu la suivre. A quelques minutes près, les soldats du feu vont la sauver d'une mort atroce. La nonagénaire présente néanmoins des brûlures au deuxième voire troisième degré, à la cuisse, au bras, à l'épaule, au cou et à la joue gauche.
« J'ai vu la dame évacuée, avec le visage tout rouge et la cuisse brûlée. Elle semblait très choquée », raconte Abdelhamid Hichri, riverain de 60 ans. La malheureuse reçoit les premiers soins dans l'ambulance, avant d'être conduite à l'aéroport Nice Côte d'Azur, où l'hélicoptère du SAMU l'évacue vers Toulon.
Un mois plus tôt, dans la même rue…
Entre-temps, le médecin des pompiers a examiné trois résidents légèrement intoxiqués par les fumées, dont la sœur aînée. Aucun ne sera évacué à l'hôpital. Mais Marie Bruzzone, sous le choc, reste longtemps prostrée dans la boucherie voisine, soignée, réconfortée. Elle sera relogée par les services sociaux de la Ville.
L'incendie, lui, a été rapidement éteint à l'aide d'une lance par les quinze pompiers emmenés par le major Bruno Kohlhuber. Ils évacuent des appareils électroménagers noircis, témoins d'un feu dont les policiers se refusent à établir l'origine à ce stade.
Abdelhamid, pour sa part, s'exclame à l'instar d'autres riverains : « Elle est maudite, cette rue ! Deux incendies en un mois, ça fait beaucoup ! »
Surprenant hasard, c'est en effet au 4, rue d'Alger que, le 9 décembre dernier, deux pompiers avaient failli périr ensevelis sous les décombres lors d'un violent incendie
http://www.nicematin.com/article/nice/nice-les-pompiers-sauvent-des-flammes-une-nonagenaire.755992.html
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