Hier matin, un automobiliste a percuté à plus de 130 km/h une voiture qui doublait devant lui sur l'A 26, près de Courcy. Il n'a rien vu car il parlait avec Dieu au moment de l'accident, a-t-il expliqué. Il est parti en psychiatrie…
SI les voies du Seigneur sont impénétrables, la personnalité de cet automobiliste flamand l'est tout autant. Responsable d'un accident survenu hier matin sur l'A 26, près de Reims, il est resté sourd aux demandes d'explication des gendarmes, se contentant de répondre qu'il « conversait avec Dieu » lorsqu'il a percuté à plus de 130 km/h une voiture qui doublait devant lui.
L'accident s'est produit à 7 h 55, deux kilomètres avant le péage de Courcy. Agé de 59 ans, l'homme domicilié à Ostende circulait vers Reims à bord d'une Toyota Yaris. Difficile d'estimer sa vitesse mais elle devait bien atteindre 140-150 km/h, si ce n'est plus. Devant lui, le conducteur d'une Renault Mégane avait eu le temps de déboîter pour doubler un Espace. Le Belge qui roulait sur la voie de gauche lui est arrivé dessus sans freiner.
Sous le choc, la Mégane a été projetée contre le rail central avant d'être renvoyée sur l'Espace et d'effectuer un tête-à-queue pour finalement s'immobiliser au milieu des voies. Remis de ses émotions, l'automobiliste s'est dépêché de redémarrer pour aller se garer sur la bande d'arrêt d'urgence, l'arrière de sa Mégane complètement défoncée, tandis que la Toyota s'échouait une centaine de mètres plus loin sur le bas-côté, après être passée au-dessus des glissières.
Son conducteur était prisonnier des tôles. Venus de Reims avec une équipe du Samu, les pompiers ont dû procéder à sa désincarcération, au milieu d'un fatras de livres religieux dispersés par le choc. Les secours redoutaient de graves blessures mais l'automobiliste belge, peut-être auréolé d'une protection divine, s'en est sorti avec des lésions musculaires à un seul bras.
La chance a également souri aux deux autres conducteurs : ils sont indemnes (celui de l'Espace a pu reprendre sa route, son véhicule n'étant que légèrement endommagé).
Pour les gendarmes du peloton autoroutier de Tinqueux, l'audition du Belge aux urgences du CHU de Reims a tourné à la prise de tête. D'où venait-il ? Où allait-il ? Que fait-il dans la vie ? Pourquoi n'a-t-il pas freiné ? Il a systématiquement refusé de répondre à leurs questions, ne parlant que de Dieu, toujours de Dieu, encore de Dieu qu'il décrit comme l'ordonnateur de tous ses faits et gestes et avec lequel il était en grande conversation au moment de l'accident, a-t-il quand même précisé. Les médecins n'étaient pas mieux lotis. Il n'acceptait de leur parler que s'ils justifiaient d'une pièce d'identité prouvant qu'ils étaient bien médecins, et non des imposteurs.
Les blouses blanches ont rapidement compris que son transfert en psychiatrie s'imposait d'urgence. Il a rejoint le service hier après-midi, sans avoir révélé de quelle manière il conversait avec Dieu. Par télépathie ? Par voix stéréo dans l'habitacle ? Ou par téléphone, ce qui aurait été une infraction s'agissant d'une discussion au volant. Dans le doute, les gendarmes n'ont pas dressé contravention.http://www.lunion.presse.fr/article/marne/il-parle-avec-dieu-et-percute-une-voiture-a-plus-de-130-kmh
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