Steven appelle les pompiers pour rien et menace avec constance un commerçant de son voisinage. Pourquoi ? Après l'audience d'hier, nul n'en sait rien.
Dans le flux des affaires, l'accusation peut intriguer. Steven est accusé de « menace de mort réitérée » et de « divulgation d'information fausse de sinistre de nature à provoquer l'intervention des secours ». A la barre, le détachement apparent du prévenu étonne avant d'inquiéter.
Sur le banc des parties civiles, un monsieur à la barbe et aux cheveux blancs ne le lâche pas du regard. Il cherche à comprendre pourquoi Steven, voisin de son commerce, lui a si souvent fait le signe, avec son index glissant sur le cou, de la gorge tranchée. Pourquoi Steven a appelé cinq fois en quatre mois les pompiers sans raison. Depuis, ce curieux jeune homme ne semble pas encore décidé à lever le pied : en mars, il sera jugé pour avoir frappé la serveuse du même commerce, « alors qu'il croyait que c'était la femme de mon client », précise l'avocat de la partie civile. Interrogé par la présidente, Steven lâche, sourire en coin : « J'ai la haine contre lui, ça passera jamais. Il a une tête qui me revient pas ». Ambiance… « Vous arrêtez quand ? Faut vous réveiller, là ! », tente de le secouer la présidente.
Une expertise psychiatrique indique des « carences éducatives majeures » chez le prévenu. Un euphémisme : éduqué par sa grand-mère qu'il appelle « maman », il n'a pas connu son père. Il a découvert sa mère sur Facebook. L'avocat du commerçant malmené résume : « Voilà quelqu'un qui empoisonne la vie de mon client. Lui ne veut que la paix mais ce qu'on craint, franchement, c'est que ça dégénère ».
Le ministère public se lamente : « Appeler les pompiers uniquement parce qu'il s'ennuie chez sa grand-mère et que les voir arriver dans sa rue met un peu d'animation dans ses journées, franchement… » Et réclame 4 mois avec sursis.
L'avocate de Steven dédramatise : « Il me fait penser à un gamin qui n'a pas compris les règles de vie en société […] Il ne sait absolument pas se situer ». Appelé une dernière fois à s'exprimer, celui qui voudrait « devenir boulanger » ne rassure personne : « J'ai fait une connerie […] Je sais qu'en restant dans les Ardennes, j'en referai ».
Déclaré coupable dans la foulée, Steven est condamné à 4 mois avec sursis. En outre, il devra indemniser la victime et les pompiers. Légèrement désœuvrée face au sourire de Steven, la présidente ne peut que conclure : « Si vous voulez aller en détention, croyez-moi, vous allez y aller ! ». Steven ne bronche pas et repart avec ses mystères.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/charleville-mezieres-tribunal-correctionnel-faut-vous-reveiller-la
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