Brimades, insultes, vexations et même coups, tel était le sort réservé à Céline* si cette dernière avait le malheur de rapporter à la maison une note qu'elle estimait mauvaise. Car, avec ses 14/20 de moyenne générale, Céline est pourtant ce qu'on peut appeler une bonne élève. « Appliquée, sérieuse, travailleuse », témoignent ses professeurs.
Tentative de suicide
Professeurs que l'adolescente harcelait à chaque contrôle, leur demandant s'ils avaient corrigé les copies, essayant de connaître sa note, redoutant de décevoir sa mère et d'essuyer une nouvelle fois gifles et cheveux tirés. Le malaise et la pression psychologique exercée par sa mère étaient tels qu'un jour, récoltant un 5/20 en espagnol, Céline a fait un malaise. Elle a également tenté de mettre fin à ses jours.
Ce calvaire aurait peut-être duré encore longtemps si le personnel du collège où Céline est scolarisée n'avait pas alerté le parquet de Grasse. À la barre, la prévenue n'a pas apporté d'explication.
« Elle a été élevée de la même manière par sa propre mère », a indiqué son avocat Me Robert Bargain, qui demandait la relaxe. Interpellée le 15 décembre 2011 et placée en garde à vue, la mère de Céline est repartie le lendemain avec une convocation devant le tribunal. Ce qui ne l'a pas empêchée, trois semaines plus tard, de lancer au visage de sa fille le contenu d'une carafe d'eau parce que cette dernière refusait de venir dîner, a rappelé la substitut du procureur Camille Berthet, avant de demander un an de prison avec sursis. Peine divisée par deux par le président Michel Redon.
Aujourd'hui, la collégienne vit avec son père et son petit frère. Elle semble poursuivre une scolarité satisfaisante.
« Mais elle ne veut pas qu'on l'oblige à revoir sa mère », a indiqué Me Julie Proust, avocate de l'association qui suit la jeune fille.
*Le prénom a été modifié.
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