mercredi 14 mars 2012

La combine des escroqueries aux portables tombe à l'eau

Les policiers de Reims ont arrêté un jeune du « 9-3 » accusé d'avoir souscrit plusieurs abonnements téléphoniques avec de faux documents pour soutirer des smartphones qu'il revendait ensuite. Il aurait empoché 4 000 € en une semaine.

ON prête à un célèbre personnage historique le pouvoir de multiplier les pains. Domicilié en Seine-Saint-Denis, Amadou Diaoune, lui, se voit imputer le pouvoir de multiplier les téléphones portables. Un prodige moins connu, mais bien plus lucratif, auquel les policiers de Reims ont mis un terme la semaine dernière.
Agé de 25 ans, Amadou Diaoune est accusé d'avoir soutiré une bonne dizaine de smartphones en souscrivant des abonnements téléphoniques avec de faux documents. Il les avait pour pas cher (entre 1 et 100 € selon les offres et le type d'appareil). Il suffisait ensuite de les revendre pour faire une belle culbute financière.
D'après ses propres aveux, à raison d'un butin écoulé 200 à 330 € l'unité, de la main à la main dans les cités du 9-3, ce business lui aurait rapporté 4 000 € en seulement une semaine.

Raids depuis le 9-3

Se déclarant intérimaire, le jeune homme habite Aubervilliers. Jeudi dernier, accompagné d'un cousin et de sa petite amie, il se présente dans une boutique de téléphonie du magasin Carrefour de Reims, route de Cernay. Le couple souscrit deux abonnements en justifiant d'un bulletin de salaire et d'une carte d'identité portugaise. L'homme envisage de payer avec une carte bancaire rechargeable mais la boutique, saisie d'un doute, alerte la police. Bien lui en prend.
Il s'avère que le bulletin de salaire est un faux. La carte d'identité n'est pas falsifiée mais son titulaire, contacté en région parisienne, ne comprend pas ce qu'elle fait dans les mains de cette personne à Reims.
Le trio est venu avec la voiture de la copine. Lors de la fouille, les enquêteurs découvrent plusieurs faux documents cachés dans la roue de secours, puis apprennent qu'avant l'hypermarché de la route de Cernay, l'équipe est passée au Carrefour de Tinqueux et au centre Leclerc de Saint-Brice-Courcelles pour y souscrire des abonnements selon un procédé identique.
Cette virée en terre marnaise n'est pas un coup d'essai. Poursuivant l'enquête, les policiers de la sûreté départementale de Reims vont dénombrer une dizaine de magasins visités depuis le 27 février dans un rayon de 150 kilomètres autour de Paris : un dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, un autre à Dreux (Eure-et-Loir), trois à Orléans et un huitième dans l'Aisne - le centre Leclerc de Château-Thierry - la veille de l'interpellation du trio à Reims.
Le cousin n'aurait été du voyage que dans la Marne. Il a été remis en liberté, de même que la petite amie d'Amadou Diaoune. Considéré comme le seul instigateur des escroqueries, celui-ci s'est retrouvé en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Reims, mais il a demandé un délai pour préparer sa défense. Il a été écroué dans l'attente de son procès renvoyé au 27 mars.
Les petites combines, le jeune homme connaît déjà car un tribunal de la région parisienne l'a condamné en 2010 pour « exercice illégal de la profession de taxi ». Il s'agissait de courses qu'il proposait à des voyageurs de l'aéroport Charles-de-Gaulle, sans licence et sans permis de conduire, un permis qu'il n'a toujours pas d'ailleurs. D'où une infraction supplémentaire à l'audience du 27 mars : c'est lui qui conduisait le véhicule de sa petite amie.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/la-combine-des-escroqueries-aux-portables-tombe-a-leau

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