lundi 11 juin 2012

Les braqueurs de La Poste de Mohon écroués Ils voulaient éponger une dette auprès d'un fantomatique voyou

Vendredi, les braqueurs de La Poste de Mohon ont été mis en examen pour vol à main armée en bande organisée puis écroués. Le trio, accablé par les preuves matérielles collectées par les policiers du SRPJ de Reims, est passé aux aveux. À les écouter, le butin devait solder leur ardoise auprès d'un gros voyou.
Généralement, les voyous « chiquent » en garde à vue. Sauf à leur mettre des preuves irréfutables sous le nez, ils jouent la montre en niant l'évidence. Mais les braqueurs du bureau de poste de Mohon à Charleville ont bien été obligés de se mettre à table sous le feu roulant des questions concoctées par les policiers du SRPJ de Reims. Car ces derniers disposent - sitôt le flagrant délit réussi par leurs collègues de Charleville lundi matin - d'indices criant de vérité.
À commencer par les terribles images immortalisées par le système de vidéosurveillance de la poste qui montrent l'agression sauvage de la guichetière. Jimmy Djimasra-Labé, 28 ans, et Saphir Hassan, 23 ans, ne peuvent contester qu'ils fracturent une porte vitrée pour faire irruption dans le local encore fermé au public, peu avant 8 h 30.
Le fond de caisse à défaut de Dab
On voit ensuite se dérouler le braquage sous l'objectif de la caméra. La guichetière qui se fait empoigner et qui reçoit un coup de cross par le binôme de choc, armé et encagoulé. Renversée au sol, la malheureuse est saucissonnée avec du ruban adhésif. Les deux malfaiteurs n'hésitent pas à l'arroser de la tête aux pieds avec le bidon d'essence emporté à cet effet. Comme le carburant lui brûle les yeux, ils la conduisent aux toilettes pour se rincer le visage. L'étape est indispensable pour les braqueurs qui veulent qu'elle compose le code d'accès au Distributeur automatique de billets (Dab).
Mais l'opération échoue. La victime, morte de peur, se trompe de combinaison. Alors, les voyous prennent la fuite, emportant un maigre butin. Un fond de caisse de 2 525 euros. Appréhendés, ils rejoignent les locaux du SRPJ de Reims où ils déroulent le film de leur braquage avec Jimmy Djimasra-Labé aux manettes. Ce voyou confirmé, avec douze mentions à son casier dont un braquage correctionnalisé, fait figure de tête d'affiche avec son crâne rasé, son regard sombre, ses larges épaules et sa belle assurance. Dans la poste, le Tchadien est flanqué de Saphir Hassan, 23 ans. Déjà épinglé pour avoir été porteur d'une arme de guerre, il apparaît comme un second couteau. Le troisième, employé comme guetteur, est un jeune de 21 ans. John Delattre a, quant à lui, été condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour tentative de meurtre par la cour d'assises des mineurs. Il avait prêté main-forte à sa mère pour tenter de tuer son père.
La nuit portant sans doute conseil, les trois malfrats ont tergiversé en affirmant que le bidon contenait plutôt de l'eau que de l'essence.
Une fantaisie que les enquêteurs n'auront aucun mal à balayer au profit d'une analyse technique. Surtout, ils ont cherché à se dédouaner en soutenant qu'ils étaient « montés au braquage » pour régler une ardoise. À les écouter, ils se devaient d'éponger une dette d'argent auprès d'un individu particulièrement dangereux. Réputé dangereux au point que les trois gaillards refusent de livrer le nom de leur fantomatique créancier. Ce qui ne change rien à l'affaire puisque cela ne saurait constituer une circonstance atténuante pour avoir braqué et terrorisé de la sorte l'employée de la poste.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/charleville-mezieres-les-braqueurs-de-la-poste-de-mohon-ecroues-ils-voulaient-epong

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