mardi 10 juillet 2012

Dix mois ferme pour avoir tabassé l'électricien

Tabassé à coups de marteau parce qu'il a refusé d'installer une troisième prise de télé ! C'est une véritable expédition punitive, un tabassage organisé, dont a été victime, le 16 avril dernier, un électricien intervenant dans un appartement de l'allée des Picards, dans le cadre de la rénovation du quartier Croix-Rouge à Reims.
D'homme à homme
Ce jour-là, il va refuser d'installer une troisième prise de télévision, car ce n'est pas prévu dans le cahier des charges. Mohamed Sahraoui, 29 ans, le fils des locataires, va alors s'énerver, estimant que l'employé « parle mal » à ses parents. Il leur aurait dit « d'aller se faire foutre ». Une phrase de trop qui va conduire le fils à commettre l'irréparable. Dans l'après-midi, il va tout simplement régler ses comptes avec l'électricien, alors que celui-ci intervient dans un autre appartement.
Le prévenu, écroué dans l'attente de son procès qui s'est tenu hier, avait toujours nié sa participation, jusqu'à hier après-midi. Il a fini par reconnaître qu'il était bien venu en découdre ce jour-là… d'homme à homme. Il va ainsi reconnaître un simple coup de poing.
Mais ce que le prévenu feint de ne pas savoir, c'est comment et pourquoi il a été rejoint par six personnes encagoulées qui vont tour à tour frapper à coups de pied et de marteau dans le dos la malheureuse victime. « Tout se sait dans le quartier. Ce n'est pas moi qui leur ai demandé de venir. Ils avaient des cagoules… »

Trop, c'est trop
Parce que trop c'est trop, parce qu'on est « malheureusement dans ce Croix-Rouge ordinaire où tous les jours des gens sont agressés, des petits caïds font la loi, une cinquantaine de personnes s'approprient un quartier », Fabrice Belargent, procureur de la République, a requis une sanction exemplaire. « A situation extraordinaire, il faut une peine qui sorte de l'ordinaire. Ce quartier nécessite des choses particulières. Les enjeux sont différents dans ce quartier… » Et de requérir 18 mois de prison ferme avec maintien en détention, ainsi qu'une interdiction de séjour à Reims pendant une durée de trois ans.
Des réquisitions jugées excessives par son avocat Me Ammoura qui a plaidé l'indulgence au regard d'un casier judiciaire vierge. Hier, le tribunal, ayant retenu « la gravité des faits et le caractère démesuré de la réaction », a condamné Mohamed Sahraoui à dix mois de prison ferme avec maintien en détention.


http://www.lunion.presse.fr/article/marne/dix-mois-ferme-pour-avoir-tabasse-lelectricien

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