On ne le dira jamais assez : s'abriter sous un arbre pendant un orage est un risque mortel. À Jonval, quatre bovins ont été tués et deux autres blessés.
«ON avait déjà eu le cas il y a deux ans, mais là, six d'un coup… » Xavier Noblet, éleveur à Jonval, a toute conscience de la rareté du phénomène qui a frappé sa pâture, jeudi soir.
« J'étais à la maison pendant l'orage et je ne m'inquiétais pas : il n'y a eu qu'un seul coup de tonnerre. Il est tombé quand même 28 mm en une heure, mais je n'avais pas de raison de m'affoler. »
À 19 heures, l'homme de 42 ans décide d'aller « faire un tour aux bêtes », qui paissent à quelques centaines de mètres de son domicile.
« J'ai 48 mères en tout et, dans cette pâture, 12 veaux et 22 mères. Mais là, arrivé au milieu du pré, je ne comptais que 9 veaux. Et puis, à l'arbre, au bout j'ai compris… »
L'agriculteur découvre les corps de deux vaches et de deux broutards. « Un cinquième, un veau, était complètement abasourdi, il disjonctait, je l'ai relevé mais il tombait à chaque fois. Et j'en ai aperçu un deuxième comme lui. »
Un message de prévention pour tous
Même si l'on attendait encore le passage du vétérinaire hier à midi, les deux blessés devaient sans doute être euthanasiés. L'enquête, elle, est rapide à conclure : l'arbre porte la trace de la foudre qui l'a frappé. Pour un éleveur qui aime ses bêtes, le coup est rude et la vision difficile à encaisser. Sur le plan des affaires, ce n'est pas mieux.
« Malchance supplémentaire, ce n'était pas « les veaux des vaches ». Je me retrouve avec un veau sans mère, deux vaches sans veau et une de celles qui sont mortes était pleine, le vêlage était prévu pour août. »
Xavier Noblet est assuré, mais il lui restera des franchises à payer. « Je pense que je ne toucherai rien pour le veau à venir en août, et les veaux seront estimés à leur âge, 2-3 mois, alors que je les aurais vendus à 10. »
Quelles précautions auraient pu éviter le drame ? « Aucune. On ne peut pas les rentrer tous les jours et il leur faut des arbres pour l'ombre. C'est une pure malchance. »
Mais si Xavier Noblet nous a contactés, ce n'est pas pour se plaindre. Il faut d'ailleurs lui poser les questions sur son préjudice pour qu'il aborde le sujet.
« Non, ce que je voudrais, c'est bien repréciser aux gens, notamment aux jeunes, qu'il ne faut jamais se mettre sous un arbre pendant un orage. Ça n'arrive pas qu'aux autres et ça ne pardonne pas. Si l'on est surpris dans un champ, il vaut encore mieux rester en plein milieu et se faire mouiller. »
Le sort est cruel : la foudre a touché un agriculteur qui relègue ses propres tracas au second plan pour adresser un message de prévention.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/un-troupeau-foudroye
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