C’est une escroquerie « astucieuse », qui a demandé « un gros travail », a dit, hier, le président du tribunal correctionnel, Roland Cuer, lorsqu’il a résumé l’affaire. En 2007, durant plusieurs mois, un jeune homme a écumé divers magasins Ikea de France pour obtenir des avoirs ou des remboursements.
Sa méthode : il restituait des objets achetés avec leur ticket de caisse. Puis il falsifiait le ticket qu’on lui remettait en retour pour augmenter l’avoir. Il pouvait ainsi racheter des objets ou se faire rembourser une somme plus importante en liquide.
De Marseille à Saint-Etienne, en passant par Evry, Dijon ou Metz, il a ainsi multiplié les visites dans les magasins de la chaîne suédoise. Pour brouiller les pistes, il a même utilisé cinq identités différentes. Il a tout de même fini par être repéré par le personnel de plusieurs magasins, et son périple s’est terminé à Saint-Etienne.
Hier, à son procès, on a compris qu’il avait quelques difficultés psychiatriques. Mais il était parfaitement conscient de ses actes. « Je n’ai pas vraiment d’explications dit-il à voix basse. Je m’inventais des vies… »
Sa chance, c’est qu’Ikea ne s’est pas trop manifesté tout au long de l’enquête. « Vraisemblablement pour éviter une mauvaise publicité » regrette la substitut du procureur. Et si la chaîne revendique 40 000 euros de préjudice, les justificatifs manquent. Elle ne s’est pas fait représenter au procès et l’avocat du prévenu, M e Pibarot, s’est évidemment engouffré dans la brèche (dans ces cas-là, les absents ont toujours tort) : « On nous demande des dommages et intérêts mais il n’est même pas établi que mon client a escroqué Ikea ». Mettant en cause la procédure de remboursement de la chaîne, il soutient que « ce n’était pas du vol » mais une forme de « troc »…
Le prévenu, en revanche, a reconnu cinq autres escroqueries commises sur internet selon un procédé classique : il mettait des objets en vente et encaissait les chèques de ses victimes sans les envoyer. Sa seule explication : avoir été, à l’époque, « un peu perturbé ».
Le jeune homme n’a jamais été condamné et le ministère public a requis deux peines de trois et huit mois de prison avec sursis. Le tribunal a mis son jugement en délibéré le 9 octobre.
http://www.leprogres.fr/loire/2012/09/12/le-client-falsifiait-les-tickets-de-caisse-40-000-de-prejudice-pour-ikea
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