Un Angoumoisin a été interpellé par erreur à Bedenac, lors de l'interception d'un go-fast transportant plus de 700 kilos de cannabis. Il porte plainte pour coups et blessures
Il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Un Angoumoisin âgé de 25 ans a été pris par erreur pour cible par le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale), lundi, vers 4 heures du matin, sur l'aire de repos de Bedenac, située le long de la RN 10, en Charente-Maritime, à quelques kilomètres de Barbezieux. Prêts pour intercepter un go-fast, convoi de plusieurs voitures chargé d'assurer un transport de drogue en provenance d'Espagne, les gendarmes ont été trompés par la couleur, la marque et le nombre d'occupants du véhicule qui venait de s'arrêter à la station-service.
« Ils m'ont encerclé. Ils avaient des cagoules. Je n'ai rien compris. Je ne sais même pas comment ils m'ont fait sortir de la voiture. Je n'ai pas touché terre. J'ai pris des coups au visage, et j'ai vu un flingue sur ma tempe. À aucun moment ils ne m'ont dit qu'ils étaient de la gendarmerie. Je pensais que je me faisais agresser par des types qui voulaient me voler », a témoigné la victime, le conducteur d'une Renault grise, à notre confrère de « Charente libre ».
http://www.sudouest.fr/2012/10/18/le-gign-se-trompe-de-cible-853140-7.php
Cet Angoumoisin, qui revenait, avec un passager à son bord, d'une soirée à Bordeaux, a porté plainte à la gendarmerie de Jonzac pour coups et blessures. Il affirme qu'il a été mordu par l'un des chiens du GIGN. Le procureur de Saintes, Philippe Coindeau, a demandé à l'inspection générale de la gendarmerie nationale d'ouvrir une enquête pour comprendre ce qui a bien pu se passer.
« C'est une vraie méprise. Le véhicule était de même marque et de même couleur que celui que les gendarmes devaient stopper. Il y avait également le même nombre d'occupants. Ça n'arrive presque jamais », insiste le lieutenant-colonel Alexis Bourges, du Sirpa (Service d'information et de relations publiques des armées) gendarmerie.
Lors de cette opération, le GIGN a finalement mis la main sur 700 kilos de cannabis. C'est le groupement de recherche de la gendarmerie, basé à Orléans, qui menait une enquête sur ce trafic depuis plusieurs mois. Au moment de l'incident avec le jeune Angoumoisin, les gendarmes avaient déjà intercepté la voiture « ouvreuse » du go-fast, ayant pour mission d'alerter, en cas de contrôles ou de problèmes, la voiture « porteuse » de drogue, qui suit.
Quelques minutes plus tard, la bonne cible a donc été interceptée. Trois personnes ont été arrêtées sur place, une autre dans un hôtel et un cinquième membre de l'équipe près de la frontière franco-espagnole de Biriatou. L'intervention musclée du GIGN peut en tout cas facilement s'expliquer.
Ces « supergendarmes » n'interviennent lors de go-fast que lorsque la cible est réputée dangereuse. « Nous sommes une sorte de prestataires de service. Nous intervenons pour une arrestation, après plusieurs mois d'enquête. On est en présence de gens déterminés et potentiellement armés. Ils ont dans leurs bagages une forte valeur marchande, et, pour eux, il est hors de question de se laisser prendre comme ça. On a face à nous des personnes qui ont des schémas tactiques proches du militaire », indique le capitaine Jean-François Brisse, officier de communication au sein du GIGN.
La moindre négligence ou passivité peut donc être fatale. « Et puis, n'oublions pas que, pour ces trafiquants, les forces de l'ordre ne sont pas la seule menace. Il y a aussi leurs concurrents, qui peuvent essayer de leur piquer leur marchandise », reprend le gendarme. Quant au terme « go-fast », le capitaine Brisse fait remarquer qu'il n'est plus approprié.
« Auparavant, les convois étaient composés de grosses cylindrées qui remontaient à toute allure par l'autoroute. Ce n'est plus le cas », explique-t-il. L'heure est à plus de discrétion. D'où, aussi, cette arrestation sur la RN 10 plutôt que sur l'A 10. Depuis le début de l'année, plus d'une dizaine de go-fast ont été interceptés en France, et 17 tonnes de cannabis, saisies.
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