«Lorsqu'on appelle le 115, pas de solutions !» se défend l'occupant d'une maison, ouverte il y a quelques jours, dans le quartier de la médiathèque. «Ca fait un an et demi que le Crea est sur le terrain du droit au logement opposable. Au départ, nous avons privilégié les bâtiments publics pour rappeler ses obligations à l'État. Mais aujourd'hui c'est l'hiver, il fait froid, nous avons été expulsés de la rue Demouilles. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On trouve des maisons inoccupées pour ne pas rester à la rue.»
Les propriétaires trinquent
Les squatteurs, des jeunes, des étrangers, des familles, comprennent la colère des propriétaires, qui bien évidemment, portent plainte. «Mais quand on n'a pas le choix, on place l'usage au-dessus du principe de propriété. Ces logements sont inoccupés. C'est une solution temporaire, mais qui permet à certains de se retourner. Quand on est à la rue, pour s'en sortir, il faut d'abord pouvoir se laver, manger, avoir un endroit ou dormir sans passer la journée dans la crainte, avant d'arriver à retourner vers l'emploi et se sortir de la merde». Le discours inspire la compassion, mais pour les propriétaires qui se voient, même temporairement, dépossédés de leur bien, la colère est l'inquiétude l'emportent.La maison, partagée en quatre appartements, qui a été ouverte aux abords de la médiathèque, était peut-être vide, mais pas abandonnée. «Les derniers locataires sont partis au printemps dernier et nous attendions de pouvoir financer des petits travaux de mise aux normes pour relouer», assure la propriétaire, Geneviève Mousseaux. «Nous ne sommes pas une famille de nantis ! Mon père a travaillé dur toute sa vie pour acheter ce petit immeuble qui permet de payer les soins nécessaires à ma mère, aujourd'hui âgée». Face à l'impossibilité immédiate de faire expulser les squatters, la jeune retraitée est bouleversée et en colère : «c'est au citoyen qui a travaillé toute sa vie en se privant, qu'il incombe de subir la non-application de la loi, de se substituer à la collectivité devant assurer le droit au logement.»
http://www.ladepeche.fr/article/2012/11/09/1485127-des-squats-ouverts-chez-des-particuliers.html
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