vendredi 9 novembre 2012

Victime de tapage : une famille à bout de nerfs

Une locataire du quartier Champagne et ses enfants sont victimes d'un voisin bruyant et agressif. À toute heure du jour et de la nuit, la musique est à fond.
CORINNE a mis sa télé en sourdine et parle doucement, tandis que son fils consulte son ordinateur. L'appartement est calme, en ce début d'après-midi, quand tout à coup, une porte claque violemment et les murs tremblent. « Vous entendez ? Je n'exagère pas. C'est comme ça 24 heures sur 24 », explique cette maman qui habite dans un immeuble de la rue Pierre-Curtil, dans le quartier Champagne.

Un an que ça dure

Deux minutes plus tard, c'est Mike Brant qui hurle dans l'appartement voisin. Le crincrin est poussé à fond. Le son est saturé. C'est insupportable.
« Cela fait un an que ça dure. Une vraie discothèque. Du Johnny Hallyday toute la journée. Je suis fatiguée, je n'en peux plus. Hier, le tapage a duré toute la nuit. Je n'ai pratiquement pas dormi », raconte cette femme aux traits tirés qui a pourtant besoin de repos. Elle doit subir une intervention chirurgicale à la fin du mois. Elle ne sait pas comment elle va tenir le coup.
Quand le chahut est à son comble, d'autres locataires de l'immeuble tapent dans le mur pour faire cesser le tapage. En vain. « Il croit que c'est moi. Alors, il fait encore plus de bruit et devient agressif. » Son salon et sa chambre ont un mur commun avec cet insupportable voisin. Alors, certains soirs, pour pouvoir dormir, elle installe un matelas de fortune dans la chambre de ses fils. L'un d'entre eux dort par terre.
Et ce n'est pas tout. Corinne se fait aussi traiter de tous les noms et menacer. Une résidente d'un immeuble voisin témoigne : « Je l'ai entendu hurler après elle, l'insulter violemment. Et pourtant, quand il est à jeun, il peut être très gentil. »

Une main courante

Cet homme s'en prend aussi aux enfants, proférant des menaces graves.
Et la maman se sent bien seule. Elle appelle parfois la police, qui se déplace, frappe à l'appartement. « Mais, il ne répond pas. Alors, ils repartent. » Et les policiers ont à peine tourné le coin de la rue que la sono repart de plus belle. « J'ai déposé une main courante. Il n'y a pas eu de suite. »
L'office HLM est prévenu. Corinne espérait voir partir ce locataire avant l'hiver. « Le responsable de l'agence de l'Opal m'avait promis qu'il serait relogé dans un autre quartier ou expulsé. Mais il est toujours là. » Elle a même envisagé de déménager.
Mais ce n'est pas le moment avec ses ennuis de santé. « Et puis, je me plais bien dans mon petit appartement, dit-elle. Je ne voudrais pas passer pour une emmerdeuse. Je suis plutôt tolérante. Mais là, j'en ai marre, je n'en peux plus. »


http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/victime-de-tapage-une-famille-a-bout-de-nerfs

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