La femme de Loïk Le
Floch-Prigent, détenu à Lomé dans une affaire d'escroquerie,
demande au président François Hollande d'obtenir la libération de son mari,
affirmant qu'il "est tout près de mourir", dans
une lettre rendue publique mercredi par RTL.
"Aujourd'hui, il est tout près de mourir. Des médecins ont pu
l'examiner, effrayés de voir dans quel état il est. Bientôt, il sera trop tard",
écrit Marlène Le Floch-Prigent. "Qu'attend-on ? Que mon mari meure faute de soin
?", s'interroge son épouse, dans une lettre déposée mardi à l'Elysée.
Le "cri" de son épouse
"Monsieur le Président, faites quelque chose pendant qu'il est
encore temps. Vous seul pouvez convaincre le Togo qu'un homme mort ne
peut pas être jugé", poursuit-elle, expliquant que son "cri est celui d'une
épouse, d'une citoyenne qui croit aux valeurs du droit et à celles de la
République".
L'ex-PDG
d'Elf, 69 ans, a été arrêté le 14 septembre à Abidjan puis transféré à Lomé,
où il a été inculpé pour complicité d'escroquerie. Ses avocats ont plusieurs
fois demandé sa libération, mettant en avant la détérioration de son état de
santé qui commande selon eux son rapatriement d'urgence. Cette analyse a été
étayée par une expertise judiciaire togolaise notifiée le 19 octobre qui
confirme que M. Le Floch-Prigent doit être soigné sans délai, selon son avocat
Me Patrick Klugman.
Une caution de neuf millions de dollars
La
justice togolaise exige une caution de neuf millions de dollars pour sa
libération de Loïk Le Floch-Prigent, une demande assimilée à une "rançon" par sa
défense. La justice togolaise soupçonne l'ancien patron d'Elf d'être impliqué
dans une affaire d'escroquerie internationale. Un homme d'affaires émirati,
Abbas El Youssef a porté plainte contre un homme d'affaires togolais, Bertin Sow
Agba, l'accusant d'avoir organisé un réseau pour lui soutirer plusieurs millions
de dollars, ses membres lui faisant croire qu'ils détenaient la fortune du
défunt président ivoirien Robert Gueï, estimée à 275 millions de dollars et
bloquée sur un compte en banque au Togo. Abbas El Youssef estime que M. Le
Floch-Prigent "serait le chef d'orchestre dans cette affaire d'escroquerie",
selon une source judiciaire togolaise.
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