L'entreprise roumaine a récupéré le poids lourd. Mais dorénavant, ceux pris en flagrant délit de siphonner d'autres transporteurs se verront saisir leur camion par le TGI de Narbonne. Le procureur Fabien Tourrette a été très clair. Il y a eu en effet un poids lourd déjà saisi en février pour une affaire similaire. «Le vol de carburant est un véritable fléau national voire européen. Et l'A9 n'y échappe pas» déplore Fabien Tourrette. Et de donner des chiffres secs. Il y a eu 25 faits de vols de carburant en décembre, 18 faits de vols de carburant en janvier et 4 vols de carburant du 1er au 6 février pour un total de 26 000 litres de vol de carburant constaté. Alors quand deux individus sont pris en flagrant délit, le procureur ne les lâche pas. «Les gendarmes du peloton autoroutier essaient d'enrayer ce fléau».
Les faits
Deux équipes de gendarmes étaient en surveillance sur les vols de carburant cette nuit du 6 février. Deux gendarmes à pied suivent un poids lourd qui entre sur l'aire de Vinassan tandis que deux autres gendarmes étaient en attente dans un véhicule de gendarmerie. Ils aperçoivent l'ensemble routier roumain se garer parallèlement à un autre poids lourd et observent l'activité des deux hommes. Le conducteur Florin Ureche (40 ans, roumain) reste au volant, moteur allumé. Le passager Walter Cocoroada (26 ans, roumain) descend, ouvre le réservoir du poids lourd garé à côté, récupère un tuyau et l'installe en vue de siphonner le carburant. Les gendarmes interviennent alors en flagrant délit, se signale en criant plusieurs fopis, «Halte gendarmerie». Le piéton remonte alors précipitamment dans le camion tandis que le chauffeur démarre. Déséquilibré un gendarme tombe à terre, fait les sommations puis fait usage à 3 reprises dans les pneumatiques, de son arme de service. Il sera blessé à l'épaule et bras gauche, des blessures musculaires. Girophare allumé, les militaires arrivent à stopper l'ensmeble routier roumain à l'aire de Lespignan.Ils nient tout...
Alors que les faits les confondent, les deux hommes nient tout. Sur le tuyau retrouvé, c'est parce que le poiuds lourd est vieux et que le réservoir principal ne communique pas avec le réservoir de réserve. Le tuyau sert à transférer le carburant du second réservoir au premier. Et sur le départ précipité, ils ont cru qu'ils allaient se faire agresser. Dans la nuit noire, ils n'ont pas reconnu les gendarmes et se sont arrêtés quand ils ont vu les girophares allumés. Pourtant même les disques sont contre eux. En effet à leur lecture, les enquêteurs découvrent qu'ils se sont arrêtés 7 fois de la Junquera à Vinassan dont la distance ne fait que 120 kilomètres. «On avait des problèmes d'ampoule et des soucis médicaux comme la prostate» disent-ils par l'intermédiaire de l'interprète.Le disque étudié
Grâce à l'étude du disque, les enquêteurs ont la preuve qu'ils sont en outre responsables de deux vols de carburant deux jours auparavant grâce à un procédé sophistiqué. Leur pompe électrique de haut débit permet de transférer 75 litres de carburant par minute. «Ils étaient prêts à laisser un militaire sur le goudron» s'émeut le procureur narbonnais. «C'est une bande organisée avec une détermination à tout prix et prêt au pire. Il faut enrayer ce phénomène». Fabien Tourette signale en outre que l'entreprise Cocoroado a déjà été pousuivie récemment pour des faits similaires. Pour sauver son client, Me Mandrou avance «que ce n'est pas aujourd'hui en donnant de lourdes peines, que l'on va stopper les vols de carburants. Elle demande la relaxe». Pour Me Mignot, «la matérialisation des faits est insuffisante pour entrer en répression».Pour sauver son client, Me Mandrou avance «que ce n'est pas aujourd'hui en donnant de lourdes peines, que l'on va stopper les vols de carburants. Elle demande la relaxe». Pour Me Mignot, «la matérialisation des faits est insuffisante pour entrer en répression».
Ils passaient donc en jugement pour vol en réunion avec dégradation (bouchon de réservoir) et risquaient jusqu'à 3 ans de prison. Cocoroada a été condamné à 9 mois de prison ferme et Ureche à 15 mois de prison ferme. Ce qu'avait demandé d'ailleurs le parquet.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/12/1579967-narbonne-les-siphonneurs-de-l-a9-en-prison.html
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