mercredi 5 juin 2013

Pays basque : il a appelé 23 fois les gendarmes en 1h30 pour les insulter

Pour sa grande opiniâtreté à verser sur les gendarmes des tombereaux d’insultes et menaces, Samuel passe très près d’un séjour derrière les barreaux. Mardi, devant le tribunal correctionnel de Bayonne, seule l’alternative du bracelet électronique lui a permis d’éviter l’incarcération pure et simple.
L’homme âgé de 34 ans était donc singulièrement en verve, dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Depuis son domicile à Ustaritz, où une fête bat son plein, il compose le 17 à la chaîne:«Vous avez appelé 23 fois le centre opérationnel départemental pour insulter votre interlocuteur», rappelle la présidente du tribunal, Joëlle Péniguel. Cela en l’espace d’une heure et demie environ. Samuel puise dans son lexique ornithologique sans fond des volées de noms d’oiseaux. Agrémentées de menaces de mort quand une patrouille de gendarmes d’Espelette est dépêchée chez lui.

«Un coup de colère»
Le prévenu, dans ses multiples coups de fils, assène au permanencier qu’«il le paie avec ses impôts». Joëlle Péniguel ne manque pas d’interroger le prévenu sur son degré de contribution:«Je n’ai pas payé d’impôt, cette année», convient-il. «Vous avez donc mobilisé la ligne d’urgence des gendarmes et contraint une patrouille à se déplacer alors que ces moyens, payés par les impôts des autres, auraient pu être utiles ailleurs.» Samuel fait profil bas:«Je m’excuse profondément. J’ai eu des mots abjects, je regrette ce que j’ai pu dire. J’ai fait ça bêtement, sur un coup de colère.»
Le procureur adjoint, Marc Mariée, souligne que le tribunal n’a pas affaire à «un gamin en train de sonner aux portes» de toute une rue. «La défense plaidera la mauvaise plaisanterie. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie. Vous devriez être mâture à votre âge. D’autant que vous exercez la garde alternée de vos enfants de 5 et 7 ans.» Le représentant du parquet insiste sur «les fonds publics engagés» à cause du prévenu. Un prévenu au casier judiciaire déjà lesté de huit condamnations. Voilà pourquoi Marc Mariée requiert quatre mois d’emprisonnement avec placement sous mandat de dépôt (incarcération immédiate).
«Je ne plaiderai pas la mauvaise plaisanterie», annonce l’avocate Yolanda Molina. Elle préfère faire valoir «la proportionnalité de la peine» et des faits reprochés. «Je vous demande d’éviter l’emprisonnement ferme et d’opter pour des Travaux d’intérêts généraux.» Elle veut faire entendre la sincérité des excuses formulées par son client. Son besoin d’une prise en charge psychologique.
Bracelet électronique
Le tribunal ne la suivra pas. Pas comme elle l’aurait espéré. Il prononcera quatre mois de prison ferme, avec mandat de dépôt mais permet au coupable de l’exécuter «sous le régime de la surveillance électronique». Soit le fameux bracelet, qu’à déjà porté le jeune homme par le passé. La garde régulière de ses deux enfants a conduit à cet aménagement.

http://www.sudouest.fr/2013/06/05/il-inondait-d-insultes-les-gendarmes-1074933-3.php

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