Hier soir, à son domicile de Saint-Rogatien, petite commune située au sud-est de La Rochelle, un automobiliste d’une quarantaine d’années était encore sous le choc d’avoir cru sa dernière heure arriver.
C’était le matin même, peu après 8 heures, au passage à niveau 77 (1), son utilitaire, un Fiat Ducato, se trouvait immobilisé, coincé sur une partie de la voie ferrée. L’homme est parvenu à s’en extirper in extremis. Il garde l’angoisse du souffle d’un TGV dans son dos. « Depuis, il n’est pas bien », indiquait son épouse, soucieuse de la tranquillité de son mari.
La perte de sérénité de l’époux est d’autant plus compréhensible que le souffle du train à grande vitesse s’était transformé en un fracas. Le train numéro 8372, à destination de Paris, parti de La Rochelle à 7 h 32, à moins de 10 kilomètres de là, a happé comme une mouche l’avant du Fiat qui mordait sur la voie. Le TGV n’était pas à pleine vitesse dans la ligne droite.
« L’automobiliste venait de claquer la portière après un moment de panique en se rendant compte que le TGV arrivait », indiquait un gendarme venu effectuer les constatations de la collision « heureusement uniquement matérielle ».
Les 85 passagers du TGV n’ont pas été blessés et, après un retour à la case départ rochelaise, ils ont pu, avec un retard important, prendre place à bord d’un autre TGV (qui devait partir initialement à 9 h 30) à destination de Paris-Montparnasse.
Et le gendarme, tout en précisant que la communauté de brigades de Nieul-sur-Mer est en charge de l’enquête (2), rapportait le récit de l’accident. Il lui avait été confié par l’automobiliste alors que ce dernier se trouvait entre les mains des sapeurs-pompiers rochelais, des secours affairés à le rassurer.
La matinée avait pourtant bien commencé pour le quarantenaire spécialisé dans l’ossature bois. Au volant de son camion, il se rendait au travail. Il connaît cette portion de la départementale 111 et la typologie du passage à niveau doté de demi-barrières. Alors que ces dernières venaient de se relever après le passage d’un train, le conducteur s’apprêtait à suivre les deux ou trois véhicules qui le précédaient et donc à traverser les voies ferrées.
C’est alors que le signal lumineux est de nouveau passé au rouge et que le signal sonore s’est fait entendre indiquant l’arrivée imminente d’un autre train.
« Le conducteur de l’utilitaire nous a déclaré qu’il avait alors stoppé au niveau du passage à niveau, précisait le gendarme, et considérant que la barrière, qui ne s’était pas encore abaissée, allait peut-être retomber sur son capot, il a décidé de reculer. » La manœuvre était louable mais le pommeau du levier de vitesses restait entre les mains du conducteur. « Il tentait alors de passer la marche arrière mais son utilitaire fit un bon en avant, puis un autre, toujours en avant. »
Après les sueurs froides, la panique s’installait. Le rapprochement vers la voie ferrée était indéniablement dangereux. Dans l’habitacle de l’utilitaire, la tension devait être à son comble d’autant que les barrières étaient maintenant descendues. Le train allait surgir. Il fallait sortir d’urgence du véhicule et se mettre à l’abri. L’homme fut sauf, son véhicule fut frappé de plein fouet. S’il n’a pas cependant été renversé, il a été mis hors d’usage.
(1) Un point névralgique localisé par la SNCF et RFF entre La Jarne et Saint-Rogatien, sans pour autant donner la priorité à une des deux communes. (2) L’enquête est en cours. Les deux dépistages d’alcoolémie ont été négatifs.
http://www.sudouest.fr/2013/11/08/face-au-tgv-il-a-la-peur-de-sa-vie-1223358-1391.php
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