Depuis dimanche après-midi, la neige a fait son retour en vallée d'Ossau. Au point que les chaînes étaient obligatoires pour accéder au col du Pourtalet. Mais samedi, c'est la pluie et le vent qui avaient fait leur apparition sur la route qui mène vers la station d'Artouste.
Malgré tout, dès 8 h 30, des équipes du Service des routes du Conseil général, épaulées par les techniciens de la Restauration des terrains en montagne, et des cordistes d'une entreprise privée étaient à pied d'œuvre pour sécuriser cette portion de route qui longe le barrage de Fabrèges, au pied de la station. Là où vendredi une habitante de Pontours, Karine Vocant est décédée, écrasée par un bloc rocheux tombé sur la voiture où elle était passagère.
Sécurisation samedi
À l'aide de « cannes à purge », des sortes de barres à mine, les cordistes ont fait tomber les derniers rochers qui leurs paraissaient susceptibles de menacer. En bas, sur la route, la circulation était momentanément coupée, le temps que les agents de la voirie départementale déblaient la chaussée.
Une sécurisation qui s'est répétée à 30 mètres de là. Et cela même si, comme le confirmait samedi le maire de Laruns, cette portion de route n'était pas signalée comme particulièrement dangereuse.
Car la chute de pierre en montagne, si elle n'est pas rare, n'a jamais provoqué un tel drame, de mémoire d'Ossalois. « On a déjà vu des petits cailloux tomber sur des voitures, mais jamais ça », confiaient deux chasseurs du pays, croisés samedi sur la piste d'un sanglier, à une centaine de mètres des lieux de l'accident. Ils ne se souviennent que de la chute d'un bloc plus important encore, en avril dernier à la sortie de l'hiver, qui avait obstrué la route qui monte vers le col du Pourtalet et ses ventas, en amont de la station d'Artouste. Mais sans faire d'autres dégâts que matériels. Et pour les techniciens de la Restauration des terrains en montagne, un service de l'État basé à Tarbes auquel fait régulièrement appel le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques pour la sécurisation de ses routes en Haut-Béarn, la zone de l'accident n'était pas classée à risque.
Traces d'isards
Ailleurs, en vallée d'Aspe, par exemple, des éboulements peuvent aussi se produire régulièrement, mais de mémoire récente, personne ne se souvient d'un drame comme celui de vendredi.
Alors, ces habitués de la montagne, qui savent que le risque zéro n'existe pas, se perdent en hypothèses pour expliquer la chute de ce rocher. Est-elle liée au passage d'un isard, dont on a remarqué des traces sur la montagne qui borde la départementale ? D'autres évoquent le redoux brutal, après un hiver débuté très tôt cette année dans les Pyrénées, marqué par l'arrivée de neiges abondantes dès la fin novembre. Les pluies tombées ces derniers jours ont-elles rendu les sols plus meubles, favorisant la chute de pierres ?
C'est l'hypothèse évoquée, mais avec prudence devant les caméras de France 3 par Jean-Yves Laplaces, le responsable du service de la Restauration des terrains en montagne, qui notait samedi que les variations de températures très importantes en montagne pouvaient favoriser les chutes de blocs ou les glissements de terrains. « Un phénomène qui semble se multiplier depuis un an ». Mais jamais, jusqu'alors avec des conséquences aussi dramatiques en Béarn.
http://www.sudouest.fr/2014/01/06/drame-en-bearn-comment-un-bloc-rocheux-de-300kg-a-pu-se-detacher-1420235-4344.php
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