jeudi 13 octobre 2011

Le quartier de la Reyssouze entre colère et exaspération

Bourg-en-Bresse. Plusieurs incendies volontaires dans la soirée de mardi. Le matin même, un homme âgé de 37 ans, qui devait être interpellé dans le cadre d’une vaste opération policière, était décédé des suites d’une chute du deuxième étage d’un immeuble. La tension était encore palpable hier soir.
La mort de « Majhoub » a laissé des traces à Bourg-en-Bresse. Le quartier de la Reyssouze portait, hier matin, les stigmates discrets d’une nuit émaillée d’incidents sporadiques, provoqués par des petits groupes dispersés, issus de la cité, et au-delà.
Autour du centre commercial, au bout de la rue Jean-Moulin, toutes les discussions tournaient autour du décès de la veille, et des « événements » de la nuit, pour la plupart concentrés dans ce secteur central du quartier.
Un scénario qui était pressenti par les autorités, ayant positionné deux pelotons de gendarmes mobiles en retrait, prêts à intervenir. Sans véritable surprise, il était un peu moins de 21 heures, lorsqu’un premier véhicule a été incendié, dans le haut de la rue Jean-Moulin, devant un abri-bus. Sous les yeux des habitants assistant depuis leurs fenêtres au spectacle désolant d’un irrationnel épisode de violences urbaines.
Le décor : l’intervention subite des forces de gendarmerie mobile, usant des gaz lacrymogènes pour éloigner les caillasseurs, et protéger d’un cordon de sécurité les pompiers venus éteindre un container à poubelles en feu, poussé sur la route.
Sans excuser les fauteurs de troubles, certains riverains trouvaient des raisons de les comprendre : « Il y a beaucoup de colère, parce que tout le monde sait comment ça va se terminer : ils vont classer l’affaire et basta » !
Bien qu’atténuée à ce moment-là, après que les vitres d’un abri-bus aient également volé en éclats, une certaine tension était encore perceptible, à 22 h 30, lorsque le préfet Philippe Galli, accompagné du commissaire Dunand, est apparu au pied des immeubles, à proximité raisonnable des forces de l’ordre. Lorsque le représentant de l’Etat s’est approché d’un petit groupe de personnes observant de loin les mouvements de troupes, un dialogue surréaliste et un peu vain s’est engagé. Mais c’était toujours un début de dialogue.
Au fil des minutes, un silence précaire a semblé s’installer pour de bon sur le quartier. « À deux heures du matin, c’était hyper calme. On aurait pu penser que rien ne s’était passé s’il n’y avait pas eu les fourgons des gendarmes mobiles stationnés à proximité », racontait un témoin au sommeil léger, réveillé une heure plus tard, comme bien d’autres, par un gros bruit d’explosion. Cette fois, c’est le camion-frigo du boulanger, stationné sur le côté du centre commercial, qui était en flammes, juste à côté du foyer- résidence municipal de personnes âgées.
Un acte plus isolé, probablement, mais aussi très mal intentionné, s’attaquant à un commerçant n’ayant strictement rien à voir avec toute cette affaire. Hier matin, à la colère des uns, écœurés d’avoir perdu précipitamment un ami, répondaient la lassitude et l’exaspération pessimiste des autres.
Dans l’attente des premières conclusions de l’enquête sur les circonstances de la mort de son frère, Abdel Gmili, au nom des proches, continuait hier à appeler au calme : « J’ai été pourtant très clair, je ne voulais pas qu’il y ait encore de la casse, ça ne m’intéresse pas, et ça ne ramènera pas mon frère ».
http://www.leprogres.fr/ain/2011/10/13/le-quartier-de-la-reyssouze-entre-colere-et-exasperation

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