jeudi 13 octobre 2011

Pour construire sa maison, l'ouvrier pillait les stocks de sa société

L'employé d'une entreprise de carrelage et un de ses amis ont comparu, hier, devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Ils avaient volé du matériel de chantier.
La liste est impressionnante : 46 cartons de faïences, 73 cartons de carrelages, 36 cartons de plinthes, 26 sacs de ciment, 7 pots de colle… et une brouette ! Sûrement pour transporter le butin. L'ensemble de ce matériel a été retrouvé, mardi, par les policiers de la brigade territoriale du Mirail chez Bilal, lors d'une perquisition, à la suite de son interpellation (voir notre édition d'hier).
L'homme de 27 ans, est employé depuis onze ans par la même société. L'ouvrier, « sans histoire », a comparu hier, avec un de ses amis âgé de 19 ans, devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des vols commis les 18 septembre, 9 octobre et 10 octobre.
Dans le box, Bilal « regrette » son geste et tente de l'expliquer : « J'ai eu un accident de la route en début d'année, mon salaire a diminué. Il fallait que je rembourse le prêt de ma maison ainsi que des prêts à la consommation ». Et il ajoute : « Il ne reste plus qu'à carreler ma maison pour qu'elle soit terminée ! ». Le président se tourne alors vers l'autre prévenu pour lui demander des explications : « Pourquoi l'avez-vous aidé à voler ? ». Le jeune homme, mal à l'aise, cherche ses mots. Ils ne viendront pas.
Pour Me Hélène Simeon, avocat du chef d'entreprise victime, son client est « déçu et surpris » de ce geste. Elle ajoute que le but de cette audience est que le salarié « comprenne la gravité de son attitude ».
Le procureur de la République considère qu'il n'est « pas convenable qu'un employé pille son employeur ! ». Francis Boyer requiert à l'encontre de Bilal, « l'instigateur », huit mois de prison dont quatre mois avec sursis et six mois de prison avec sursis pour son comparse.
Pour la défense, Bilal a traversé une période financière difficile. « Il a choisi la mauvaise solution », souligne Me Caroline Laplaze. Quant à son ami, elle explique qu'il n'a pas « réfléchi aux conséquences ». Elle demande la plus grande clémence au tribunal.
Bilal a finalement été condamné à quatre mois de prison avec sursis et l'ami a écopé d'un mois de prison avec sursis.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/13/1191263-pour-construire-sa-maison-l-ouvrier-pillait-les-stocks-de-sa-societe.html

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