Un corps en train de brûler a été découvert par un promeneur sur l'Axe vert. Il pourrait s'agir d'un professeur d'un lycée de Saint-Quentin dont la voiture a été découverte désossée sur la route de Guise.
IL est 9 h 10, hier. Comme à son habitude Gérard Lombard, grand marcheur, effectue son petit tour et emprunte l'Axe Vert, la portion reliant Mont-d'Origny à Bernot. Il s'est enfoncé dans le chemin boisé, à près de 300 mètres de la dernière maison -un chemin inaccessible en voiture et qui longe un bras de l'Oise-, lorsqu'il entend un crépitement. Il s'arrête, regarde dans les fourrés bordant le chemin, en direction du bruit et voit des flammes. Il s'approche en courant et découvre, en contrebas du chemin un corps en train de se consumer, celui d'un homme. « Je me suis approché de lui, il ne bougeait plus malgré les flammes. Il était déjà mort, j'en suis sûr, alors que ses vêtements n'étaient pas encore totalement brûlés. Il portait des baskets bleues, j'ai immédiatement prévenu les secours. » C'est le premier élément étrange. Fortement choqué, Gérard Lombard assure qu'il n'a entendu aucun cri ni vu personne juste avant.
Deux autres personnes habituées aux marches matinales, sont passées à cet endroit, dix minutes auparavant et n'ont rien remarqué de particulier non plus, ni vu personne ou entendu un quelconque bruit.
Des éléments troublants
A l'arrivée des sapeurs-pompiers du Val d'Origny, le corps était encore entièrement en flammes. Ils ont reçu le renfort de leurs collègues de Ribemont, sous les ordres du commandant Talon de Guise. Une fois l'incendie éteint, l'équipe médicale du Smur n'a pu que constater le décès.
Un large périmètre de sécurité est mis en place par les gendarmes de la communauté de brigades de Ribemont. Averti de la macabre découverte, Damien Savarzeix, procureur de la république à Saint-Quentin, ordonne, que « des techniciens en identification criminelle se rendent sur les lieux et procèdent comme s'il pouvait s'agir d'une scène de crime. L'objectif étant de recueillir un maximum d'éléments afin de comprendre ce qui a bien pu se passer.
Les éléments troublants ne manquent pas. Une autre personne arrivée rapidement sur place assure que, autour du corps, « tout semblait en place. On avait l'impression qu'aucune feuille d'arbre n'avait été déplacée, comme si on l'avait déposé là. Et puis à proximité, à deux mètres du corps, il y avait des cendres d'un feu de bois. » Des témoins qui assurent n'avoir remarqué aucun bidon de produit inflammable.
Aucun signe de vie depuis trois jours
Les enquêteurs, ratissent les lieux minutieusement et ne tardent pas à découvrir une sacoche avec des papiers d'identité à proximité. Ils ont maintenant un nom, celui de Vincent Gressier, un homme du village âgé d'une quarantaine d'années, qui habite à 600 mètres environ. Un professeur de lycée de Saint-Quentin, qui a acheté la maison sise au 36 rue Pauline-Luthon, il y a de cela cinq ans environ. Un homme solitaire qui s'est progressivement marginalisé (lire par ailleurs).
Les gendarmes se rendent chez lui, en fin de matinée, aucun signe de vie à son domicile. Ils contactent alors le lycée Henri-Martin de Saint-Quentin, où Vincent Gressier est professeur de physique. Le principal explique qu'il est inquiet parce que Vincent Gressier n'est pas venu assurer ses cours depuis lundi. Ne pas justifier son absence ne lui ressemblerait pas.
Autre élément étrange, la découverte dans l'après-midi, de la voiture du professeur, une Ford Focus grise, stationnée sur une aire de parking sur la route menant à Guise, à quelques kilomètres des lieux où le corps a été découvert. Une voiture abandonnée depuis samedi au moins et qui a été désossée depuis.
Aucune hypothèse écartée
Le procureur Damien Savarzeix tempère et veut éviter toute conclusion hâtive. « Pour l'instant, il s'agit d'identifier formellement la personne retrouvée. Une autopsie est prévue samedi matin par deux médecins légistes. J'ai demandé des analyses toxicologiques et anatomopathologiques. Il y aura une prise maxillaire et de l'ADN. A ce stade, je n'ai aucune certitude qu'il s'agit de l'homme dont les papiers d'identité ont été retrouvés. » Quant aux causes de la mort, le procureur de la République indique : « Je n'exclus aucune hypothèse. Quelques éléments sur les lieux de la découverte pourraient laisser penser à un acte volontaire. » Le procureur précise néanmoins qu'aucune lettre d'adieu, par exemple, n'a été découverte.
Comment expliquer la voiture laissée au bord de la route à quelques kilomètres de là ? Entre samedi, le jour où la voiture du professeur a été laissée et hier matin où sa dépouille etait la proie des flammes, que s'est-il précisément passé ? C'est aux gendarmes de la brigade de recherches qu'il revient maintenant de répondre à cette question.
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/mysteres-autour-dun-deces
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