jeudi 17 novembre 2011

Violences et menaces de mort Le « shérif » du village s'explique devant les juges

À plusieurs reprises, un sud-axonais a tenté de régler ses comptes avec des jeunes du village. Il écope de 12 mois de prison avec sursis.
REDRESSEUR de tort ou riverain simplement excédé ? Loïc se situe sûrement entre les deux. À plusieurs reprises, il a réglé ses comptes et ceux de la mère de ses enfants, Catherine, lui-même. De la menace de mort insolite, aux dégradations, en passant par la correction en bonne et due forme, ce trentenaire sud-axonais a multiplié les agissements violents. Au point de se retrouver devant le tribunal correctionnel de Soissons. « Je ne sais pas s'il s'agit d'un Zorro, mais d'un shérif sûrement, tellement l'été a été émaillé de ses actions vengeresses », commente le procureur de la République Isabelle Pagenelle.
Pour l'ensemble de leurs agissements, Loïc et Catherine ont été reconnus coupable. Le premier écope de douze mois de prison avec sursis, et a l'interdiction de porter une arme. La seconde est, quant à elle, condamné à cinq mois de prison avec sursis.
Loïc, crâne rasé, avec une queue-de-cheval, est un solide gaillard. Visiblement, l'agitation de jeunes de Jaulgonne, où son ancienne compagne et ses enfants résident, l'a poussé dans ses retranchements. « Il y a un problème dans le village avec de jeunes enquiquineurs, décrit son avocate Me Lerondel. Les voisins se plaignent de leurs sorties nocturnes bruyantes. On peut comprendre que mon client et son ancienne compagne en aient marre. »
La première fois que Loïc se frotte à ces « sauvageons », c'est en mars dernier. Selon ses dires, un jeune homme au volant d'une voiture puissante a manqué de le renverser alors qu'il était avec son enfant. Ensuite, ce même garçon aurait eu un comportement dangereux sur la route avec la petite famille de Loïc.
L'homme, qui connaissait le conducteur, a ainsi voulu avoir une explication. Il s'est présenté chez lui, mais le garçon n'était pas là… Loïc a crevé les pneus de sa voiture avec un tournevis. Ensuite, il a téléphoné à six reprises à l'intéressé. Ses propos ne manquaient pas de saveur : « Si tu retouches à ma femme, je te mange la cervelle. » L'avocat du conducteur menacé, Me Miel, commente : « Quand monsieur estime que le travail est mal fait par les forces de l'ordre, il prend son tournevis, puis profère des menaces de mort. »
Une jeune fille frappée
Un règlement de compte bien plus grave se produit quelques mois plus tard, dans la nuit du 11 au 12 août dernier. Son ancienne compagne, Catherine, voit deux jeunes filles devant son véhicule.
« Les jeunes venaient tous les soirs, j'étais excédée. Je suis descendue, je n'ai pas réfléchi », indique cette mère de famille, bien insérée socialement et au casier judiciaire vierge. Elle descend pourtant munie d'une arme de poing ! Le père de ses enfants, la rejoint ensuite. Lui est porteur d'une matraque télescopique.
L'explication tourne alors à « l'expédition punitive », selon le Procureur. L'une des deux jeunes filles est frappée par l'homme et la femme, et sera sérieusement blessée. Le médecin lui prescrit huit jours d'incapacité temporaire totale (ITT), pour les blessures et les hématomes à la tête.
Trois jours plus tard, le soir du 15 août, les amis de la fille se « vengent ». « Quatre jeunes sont passés devant la maison, j'ai entendu des insultes », raconte Loïc. « J'ai été à la fenêtre, je n'ai vu personne dans un premier temps. Puis l'un d'eux est revenu et a cassé le rétroviseur de la voiture de Catherine. » Cinq minutes plus tard, le groupe revient avec une fourche. Loïc est à la fenêtre avec un gomme-cogne (une arme de 7e catégorie qui projette des balles en caoutchouc).
Plusieurs coups sont tirés en l'air, puis Loïc descend pour s'expliquer. Les jeunes n'ont pas peur, les insultes fusent. Les gendarmes, appelés par Catherine, doivent intervenir.
Entre-temps, Loïc s'est débarrassé de son arme en la jetant dans la rivière.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/jaulgonne-violences-et-menaces-de-mort-le-sherif-du-village-sexplique-devant-les-juges

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