Le trentenaire ivre a-t-il mordu le policier qui lui passait les menottes ? L'audience du tribunal de Soissons d'hier après-midi n'a pas permis de le déterminer. Ce qui reste certain, c'est qu'un fonctionnaire du commissariat de Château-Thierry s'est retrouvé avec sept points sutures au pouce, après l'interpellation de cet homme originaire de Beuvardes (canton de Fère-en-Tardenois).
L'histoire débute par une « banale » ivresse. Un agent de sécurité, surveillant le marché de Noël de la cité des Fables, installé le long de l'avenue Jules-Lefebvre, alerte les forces de l'ordre. Il entend des « cris, des hurlements en provenance du quai situé en face, de l'autre côté de la Marne » et remarque un homme, apparemment sous l'emprise de l'alcool, qui marche en titubant. Il est presque une heure du matin, dans la nuit de vendredi à samedi.
Les policiers retrouvent l'individu une cannette de bière à la main, rue des Filoirs. Les fonctionnaires lui demandent de les suivre. L'infraction reprochée ? Ivresse sur la voie publique. L'homme, qui travaille sur un chantier d'insertion, est emmené au centre hospitalier, pour examen médical. La prise de sang révèle un taux d'alcoolémie frisant 1,5 g/l.
Au moment de se retourner au poste de police, les choses dérapent. « En sortant de la consultation, il s'est tenu fermement à une porte, puis est tombé », détaille le substitut du procureur. « Là, il s'est relevé, puis mis en garde. Les policiers l'ont fait tomber avec une balayette, puis l'ont maîtrisé à terre. »
L'homme, dont le casier judiciaire comporte sept condamnations, résiste malgré tout. « J'ai refusé d'être menotté parce que je n'avais rien fait… », indique-t-il aux juges soissonnais. Au cours de l'échauffourée, lorsque l'homme est face contre le sol, la main du policier se retrouve au niveau du visage du forcené.
L'agresseur présumé nie les faits en bloc. Son avocat, Maître Miel, évoque un élément trouble du dossier. « Comment quelqu'un qui n'a pas de dents peut-il mordre à travers les gants en cuir d'un policier ? » La défense demande par conséquent une expertise complémentaire.
À l'issue des débats, les magistrats n'ont donc pu juger le prévenu. Un supplément d'information a été demandé pour déterminer l'origine de la blessure. Le dossier sera examiné de nouveau fin février. Le trentenaire a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de remettre les pieds à Château-Thierry jusqu'à son jugement.http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/il-blesse-un-policier
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