mercredi 14 décembre 2011

Surpris, le voleur agresse violemment le restaurateur

Une omoplate cassée et une pommette ouverte : tel a été le prix à payer pour Yves Copine, patron de l'hôtel-restaurant Le Saint-Michel, à Sedan, qui a surpris, durant la nuit du 10 au 11 décembre, un homme en train de se servir dans son tiroir-caisse.
S'il n'était pas tombé sur son copain Stéphane, peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé. Oui, mais voilà… David Gamberoni, un grand gaillard de 33 ans, qui venait de se faire déplâtrer à la suite d'une fracture du péroné, est tombé sur son vieux pote. L'occasion d'arroser la fin de sa convalescence.
Les deux garçons ont commencé à « s'arsouiller » dans un bar du quartier de L'Horloge, avant de prendre la direction du Saint-Michel, où l'ami Stéphane avait loué une chambre. Du bar à la chambre, de la chambre au bar, les deux garçons n'ont cessé d'en boire tant et plus.


Vers minuit, alors que le bar de l'hôtel était plongé dans la pénombre et, apparemment, laissé sans surveillance, David a craqué devant le tiroir-caisse qui semblait lui tendre les bras. Il s'est mis à faire une razzia sur le liquide et les tickets-restaurant, lorsqu'il a senti quelqu'un lui empoigner le bras et lui dire : « Il ne faut surtout pas se gêner ». Effectivement, il ne s'est pas gêné pour pousser violemment M. Copine contre un pilier, avant de lui porter deux violents coups de poing au visage.
Les policiers sedanais n'auront cependant pas de mal à retrouver l'agresseur qui sera cueilli chez ses parents alors qu'il affichait encore un taux d'alcoolémie de 2,34 g.
Jugé lundi selon la procédure de comparution immédiate, David Gamberoni a reconnu les faits sans sourciller. Presque « décontract », il a expliqué qu'effectivement, il s'était « un peu emballé ». « Un peu ? » lui rétorque la présidente. « Je vous rappelle que M. Copine se trouve actuellement hospitalisé et qu'il devra subir deux mois d'interruption temporaire de travail. »
Mme Picoury s'est ensuite penchée sur le passé du prévenu. Pas terrible-terrible, à vrai dire. David avait d'abord goûté au cannabis. Puis du « pétard », il était passé à l'héroïne après l'armée. Aujourd'hui, il est sous méthadone afin de tenter de se sevrer.


Mandat de dépôt
L'expert-psychiatre parle d'un garçon « plutôt intelligent, égocentrique et irritable, qui a énormément de mal à se remettre en question. Il présente par ailleurs une dépendance psychologique à l'alcool. » Problème : « Lorsqu'il boit, il peut présenter un état dangereux ». Toujours aussi cool dans son box, David a quasiment acquiescé à tout ce qu'avait conclu l'expert.
La procureure allait cependant lui donner quelques angoisses : « Je ne sens pas M. Gamberoni très inquiet. Pourtant, je note qu'il a déjà fait l'objet d'une condamnation pour violences à Mont-de-Marsan qui lui vaut, aujourd'hui, de se trouver sous la menace d'une peine plancher de quatre ans. Toutefois, je ne demanderai pas cette peine plancher, du fait que son casier ne laisse apparaître qu'une seule condamnation. Je vous demande de le condamner à trois ans de prison, dont deux assortis d'un sursis, avec une mise à l'épreuve de deux ans, afin qu'il se fasse soigner de son addiction à l'alcool, qu'il fasse des démarches pour travailler ou se former et qu'il indemnise la victime. »


Me Jumelin, conseil de David, a bien voulu admettre que « l'on était face à des faits graves, mais pas extrêmement graves. Il avait bu, la caisse était ouverte, il n'y avait personne, il a cédé à la tentation. Voilà. Ce n'est pas bien. Quant à l'omoplate cassée, il ne l'a pas fait exprès. Il s'agissait plutôt d'une bousculade qui s'est mal terminée. Mon client a une formation de cuisinier, la prison n'arrangera rien. »
Le tribunal ne s'est pas laissé attendrir. David Gamberoni a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis et une mise à l'épreuve de deux ans, avec mandat de dépôt à la clé. Il est parti directement en prison.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/surpris-le-voleur-agresse-violemment-le-restaurateur

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