A 18 ans, Clément commence bien mal sa vie d'adulte. Il était lundi dans le box pour tenter d'expliquer son coup de folie qui aurait pu très mal se terminer.
SA mère dans la salle est malheureuse comme les pierres. Elle se portera partie civile afin d'être reconnue comme victime, mais elle ne demandera aucun dommage et intérêts. Les yeux embués de larmes, Ingrid regarde, désolée et impuissante, son fils encadré par deux gendarmes.
Clément est allé trop loin cette fois.
Retour sur son coup de folie : le 7 décembre, le jeune homme, qui habite Sault-lès-Rethel, décide de voler un véhicule Renault Express à Seuil. Il a visiblement l'intention de se rendre dans l'Yonne pour rendre visite à son père, qui est séparé de sa mère. Auparavant, il ne va pas hésiter à cambrioler la maison de sa mère.
Après avoir défoncé la porte du garage à coups de masse, il dérobe de l'argent, du matériel hi-fi, ainsi que des bouteilles d'alcool. Puis il reprend la route. Il n'est pas titulaire du permis de conduire, mais il n'est plus à ça près. Pour ne rien arranger, il s'alcoolise copieusement en chemin, ayant tout ce qu'il faut à portée de main.
La suite, ce sont les gendarmes qui la raconteront sur PV, car Clément était tellement ivre qu'il ne s'en souvient plus.
La présidente va alors lui rafraîchir la mémoire : « Dans l'Yonne, vous avez incendié le Renault Express, puis vous avez volé une Citroën C15 avec laquelle vous avez effectué deux tonneaux. C'est là que les gendarmes sont intervenus. Vous aviez 2,04 grammes d'alcool dans le sang. »
Clément baisse la tête. C'est le trou noir : « Pour l'accident, j'ai un vague flash. Ensuite, je ne souviens de m'être retrouvé dans l'ambulance. J'avais froid. »
Divorce mal vécu
La présidente lui demande : « Qu'est-ce qui fait qu'à 18 ans on se retrouve dans le box d'un tribunal correctionnel ? » Il ne sait pas trop comment l'expliquer, Clément. Peut-être que tout ça, c'est à cause du divorce de ses parents. Il finit par lâcher ce qu'il a sur le cœur.
À son tour, les larmes lui montent aux yeux : « Je voulais aller voir mon père, car, lui, il ne vient jamais me voir. Pourquoi ? Il va bien chez ma sœur et chez moi, jamais. Il pourrait venir me voir de temps en temps, ne serait-ce qu'une heure. »
Ingrid, sa mère, craque aussi. Elle l'aime, son Clément, mais comme elle le dira au tribunal : « Ça devient de plus en plus difficile. Je ne sais plus comment faire. J'ai fini par avoir peur de lui, car il peut être violent lorsqu'il a bu… J'ai rencontré des tas de psy, d'éducateurs pour tenter de l'aider… Je suis à bout de souffle. À un moment, il faut aussi penser à sauver sa peau. »
Et d'ajouter : « C'est surtout sa petite sœur qui est malheureuse. Elle pleure depuis trois jours. Elle pensait qu'il ne ferait plus de bêtises et puis voilà… »
Mme Picoury se tourne vers le jeune homme : « Je veux bien croire que vous avez mal vécu ce divorce, mais ce n'est pas en multipliant les infractions que vous allez arranger les choses. Bien au contraire… Des contrariétés, tout le monde en a dans la vie, mais, heureusement, tout le monde ne se comporte pas comme vous. Si vous ne comprenez pas ça, il va falloir qu'on vous le fasse entendre. »
Pas fier, Clément, d'autant moins fier que ses « frasques » ont déjà commencé lorsqu'il était encore mineur, c'est-à-dire il y a quelques mois de cela : vols, tentatives de vols, stups, violences sur sa mère…
Bref, il serait grand temps que tout cela s'arrête.
Pour mettre un frein à « tout cela », la procureure a requis huit mois de prison dont quatre avec sursis, le tout assorti d'une mise à l'épreuve de deux ans afin que le jeune homme se fasse soigner de son début d'addiction à l'alcool, qu'il fasse des démarches pour trouver un travail et qu'il indemnise les victimes.
« Je ne prononce pas de mandat de dépôt, car ce garçon se comporte encore comme un enfant, mais si, jeudi, il ne se présente pas devant le tribunal pour enfants, ça ira très mal » (Ndlr : il doit être jugé pour une infraction commise alors qu'il était encore mineur).
Me Jumelin, avocat du prévenu, a fait valoir que son client suit actuellement une formation de conducteur d'engins. « Il doit poursuivre cet apprentissage dès le 15 décembre. Un mandat de dépôt ne servirait pas à grand-chose dans le cas présent. Nous sommes en présence d'un jeune en souffrance qui se sent seul et a besoin de soutien. Ce n'est pas en l'enfermant que l'on fera avancer les choses. »
Le tribunal a décidé de condamner Clément à six mois de prison dont trois avec sursis et, comme l'avait demandé le ministère public, il devra, durant deux ans, recevoir des soins, chercher un emploi et indemniser les victimes, notamment les propriétaires des deux véhicules volés et détruits.http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/tribunal-la-folle-equipee-de-clement
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