dimanche 15 janvier 2012

Deux notaires niçois menacés de destitution

Une querelle de personnes dans une grande étude de Nice a abouti à des soupçons d'escroquerie et de blanchiment
Le violent conflit entre associés, qui déchire depuis 2009 une importante étude notariale niçoise, est de plus de plus destructeur sur le plan judiciaire. Du moins pour l'un des deux camps (1).
Créée en 1965 et rachetée en 1982 par un notaire atypique, Patrick Postillon, la société civile professionnelle (SCP) Postillon et associés a connu une ascension fulgurante. Au point de devenir, en 2007, la première étude de province. Puis la crise est survenue. En réduisant l'activité, elle a exacerbé une mésentente latente. L'étude s'est scindée en deux : Me Postillon et, dans une moindre mesure, Me Corinne Alpini, bataillent contre les six autres associés, Mes Domenge, Pujol, Thuret, Bucceri, Caflers et Sauvage.
Des dénonciations croisées, on en est arrivé à des coups de poing, un notaire déposant plainte pour « une lèvre et une pommette tuméfiées ».
Pressée d'arbitrer le conflit, la justice a ordonné une série de gardes à vue. Avant de mettre en examen Me Postillon à l'automne 2010, pour abus de confiance (relatif à trois emplois présumés fictifs) et escroquerie (liée à de présumées prestations chômage encaissées par l'épouse). Incriminé récemment pour blanchiment aggravé (à l'occasion d'une vente d'un bien personnel), cet ancien champion du monde de course sur glace n'a plus le droit de se rendre à l'étude. Il dénonce« des manœuvres destinées à[le]tuer professionnellement ».
À son tour, Me Alpini est poursuivie pour complicités de blanchiment aggravé, d'abus de confiance et d'escroquerie. Suspendue à titre provisoire, elle conteste, à son tour, les infractions. « Elle n'a rien à se reprocher, assure son avocat Me Michel Lopresti. Elle est la victime collatérale du conflit entre associés. »
Pour Mes Alpini et Postillon, d'autres ennuis se profilent. Sur un plan disciplinaire cette fois-ci : le parquet veut obtenir leur destitution. Pour Me Alpini, il la demandera bientôt, lors d'une audience à la date encore incertaine. Le ministère public l'a déjà réclamée pour Me Postillon, en lui reprochant de s'être trop consacré à des activités de marchands de biens (par l'intermédiaire de sociétés civiles immobilières, il loue 1 500 m2 de locaux à la SCP) et à des fonctions commerciales (il possède un haras en région parisienne). Me Postillon, qui sera fixé sur son sort fin février, s'insurge.« Il n'a commis aucun manquement professionnel », soutient son conseil, Me Gérard Baudoux. Hors des tribunaux, la bataille pourrait s'achever : le 31 décembre, MePostillon a mis fin à la location des bureaux occupés par la SCP, au centre de Nice.
http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/deux-notaires-nicois-menaces-de-destitution.757869.html

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