L'artisane d'art floral de la rue Saint-Martin se bat depuis 2006 pour obtenir des conditions normales de travail dans son local rongé par l'humidité.
LA boutique d'art floral Oliflo, située au 38 rue Saint- Martin, est charmante. Quoiqu'il faille rentrer à l'intérieur pour y découvrir l'atmosphère poétique crée par l'artisane Marie Antoniow.
La vitrine donnant sur la rue est souvent recouverte de condensation… Une problématique qui perdure malgré les travaux effectués en novembre 2011, après une longue procédure judiciaire de la commerçante contre son bailleur.
« Je suis entrée dans la boutique, le 4 juillet 2005, confie Marie Antoniow, les premières moisissures sont apparues quelques mois après mon installation. » L'humidité remonterait par capillarité sur les murs, d'après les experts mandatés par la commerçante.
Le conflit avec son propriétaire s'est cristallisé autour du système de ventilation et d'aération de la boutique qu'elle estime insuffisant.
Le taux d'humidité du local affiche 85 %, alors qu'en moyenne, il tourne autour des 55 % chez un fleuriste. Une anormalité relevée par l'artisane, qui possède beaucoup moins de fleurs qu'un commerçant traditionnel.
Déterminée à obtenir des travaux, elle a arrêté de payer le loyer tant qu' elle « ne pourrait pas jouir normalement du bien loué. » Elle explique « avoir perdu entre 800 à 1 000 euros de fleurs pourries par mois. J'ai été obligée de m'adapter à ces conditions et à travailler par commande. Je vais plusieurs fois par semaine à Rungis pour avoir des fleurs fraîches. »
En février 2011, après cinq ans de procédure, le tribunal correctionnel de Soissons a donné gain de cause à la commerçante, condamnant le propriétaire à réaliser des travaux dans la boutique et à verser des dommages et intérêts. Le préjudice commercial de l'artisane est en cours d'évaluation par un expert-comptable depuis le jugement.
Fin de bail en 2014
Le conflit n'est, cependant, pas terminé, le propriétaire a fait appel de la décision au fond et a tenté de suspendre l'exécution des travaux (lire par ailleurs). Sa dernière requête a été rejetée en juillet dernier par le juge. Il a donc procédé à la réhabilitation de la boutique en novembre 2011. Même si l'aspect de local a beaucoup changé, la commerçante reste très sceptique quant à l'efficacité du nouveau système de ventilation et d'aération. Le taux d'humidité étant toujours aussi haut…
Toute cette affaire, douloureuse parfois, n'a pas entamé son enthousiasme à travailler. « Je ne suis pas en colère, juste déterminée », confie l'ancienne DRH reconvertie en artisane en 2005. « Malgré les problèmes, je travaille, j'ai des clients fidèles. Oliflo a des soucis, mais on est toujours là ! »
Loin de s'apitoyer sur son sort, la quinquagénaire livre un message d'espoir et de courage aux locataires et aux commerçants en conflit avec leur propriétaire. « Ce n'est pas parce qu'on est seule ou sans soutien qu'on ne peut pas se faire entendre, assure-t-elle. Nous payons des assurances, nous avons droit à des protections juridiques, il faut les utiliser ! »
Et si les conditions de travail se dégradent davantage ? « Je suis prête à rompre le bail, seulement si le propriétaire indemnise mes pertes. »
L'audience d'appel est prévue en mai prochain. Le contrat de location, lui, court jusqu'en 2014.
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/en-conflit-avec-son-proprietaire-depuis-cinq-ans-la-commercante-determinee
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