mardi 10 janvier 2012

Menaces de mort, aucun avocat pour le défendre

Une descente aux enfers pour une famille. Un divorce. Un déménagement pour l'ex-épouse et des kilomètres de distance qui n'atténuent pas la violence des rapports verbaux. Un homme de Billy-sur-Ourcq devait répondre de menaces de mort réitérées sur son ex-femme, hier, en comparution immédiate lors de l'audience du tribunal correctionnel de Soissons. L'affaire n'a pu être jugée sur le fond car l'ex-époux, « surendetté à 200 000 euros », n'était pas assisté d'un avocat. Aucun pour le défendre, ni l'avocate de Lille dont il a donné le nom aux juges, ni les avocats de Soissons. Le conseil Lillois a été appelé mais elle a fait savoir qu'elle ne connaissait pas le prévenu et qu'elle ne se déplacerait pas.
Restaient les avocats du barreau de Soissons. Seulement voilà, le prévenu, acculé financièrement, a laissé des ardoises chez au moins trois d'entre eux. Ses revenus, trop élevés, ne lui permettent pas de prétendre à l'aide juridictionnelle et le bâtonnier, Me Bachy, a fait savoir qu'il ne voulait pas qu'un avocat soissonnais soit commis d'office. Pour Monsieur B. se posait dès lors une seule question : acceptait-il d'être jugé sans l'aide d'un conseil ou voulait-il, comme la procédure l'y autorise, un délai pour préparer sa défense ? S'il choisissait la seconde option, une question subsidiaire se poserait : celle de son maintien en détention en attendant la date de son procès. « Génial ! » commentait l'homme, excédé.
Il a tout de même choisi cette seconde option. Les juges ont décidé de le maintenir en détention, le risque de renouvellement de l'infraction étant élevé. L'ex-époux a été condamné deux fois en 2011 pour des menaces de mort sur son ex-épouse.
En décembre dernier, il proférait à nouveau ses menaces violentes par téléphones. Il sera jugé le 13 février prochain. « Je vais perdre mon travail. Je perds tout », a-t-il murmuré avant de repartir menotté de la salle d'audience vers la maison d'arrêt.
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/menaces-de-mort-aucun-avocat-pour-le-defendre

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