jeudi 5 janvier 2012

Nouvelle vague de vols avec effraction dans le Soissonnais

Lundi soir, quatre maisons ont été visitées dans des villages du Soissonnais. Pour les victimes, il faut apprendre à vivre avec ce traumatisme. Témoignages.

QUATRE de plus. Dans la soirée de lundi, quatre cambriolages ont été commis dans le Soissonnais. La série noire débutée l'an dernier, avec une importante augmentation de ces délits, continue. Pour les victimes, à la perte d'objet de valeurs, les démarches de plaintes et de preuves à apporter à l'assureur sur l'existence des objets disparus et les réparations des dégradations, s'ajoute toute l'angoisse de l'intrusion dans le domicile. « Le problème du traumatisme du cambriolage, note Isabelle Pagenelle, procureur de la République, c'est qu'il faut vivre avec l'idée qu'on a pénétré chez vous, l'endroit où l'on se réfugie par excellence et où l'on se sent en sécurité. » Un traumatisme qui peut survenir, selon elle, « à retardement ».

« Au moindre bruit »

Anne Massias connaît bien les effets pervers de cette angoisse. Elle et sa famille ont vécu un 25 décembre cauchemardesque, en découvrant le soir de Noël leur maison saccagée et leurs biens disparus. Aucun de ses trois garçons n'a réagi de la même manière : « Le plus grand de 9 ans a peur maintenant de se déplacer seul dans la maison et nous suit à la trace. » Son frère cadet, du haut de ses 7 ans, a surpris ses parents : « Il nous a dit : ça ne fait que la deuxième fois. La terre ne s'arrête pas de tourner ! » Le petit dernier, 4 ans, « n'avait rien dit et puis il a fini par ne plus vouloir dormir dans sa chambre ».
Dans la famille Massias, à Mercin-et-Vaux, les parents ont décidé « de ne rien cacher aux enfants et de leur parler » pour les rassurer. Pour autant, le couple vit « dans la psychose. On a des montées d'adrénaline quand quelqu'un frappe à la porte. On fait le tour de la maison au moindre bruit ».

« Justice soi-même »

Dans le petit village de Cramaille, depuis lundi soir, une autre famille sait qu'il va lui « falloir du temps pour retrouver la tranquillité ». Quand ils sont rentrés chez eux à 19 h 50, le couple et ses deux filles ont constaté que « tout était allumé. La fenêtre était grande ouverte », confie la dame. « Le plus impressionnant, poursuit-elle, c'est de se dire que quelqu'un a réussi à entrer chez vous. On n'y croit pas. Les filles ne veulent plus rester seules à la maison ». Elles ont 15 et 11 ans.
La nuit qui a suivi a été difficile pour ces nouvelles victimes. Toutes les pièces de la maison ont été fouillées, les armoires renversées, les tiroirs vidés : « Il a fallu ranger d'abord. Il y a le linge qu'ils ont touché, le lit sur lequel ils ont marché. J'ai changé les draps. Votre intérieur est souillé. Nous n'avons pas trouvé le sommeil facilement. Mon mari s'est levé trois fois pour vérifier qu'il n'y avait personne. » Pour évacuer cette angoisse, « on va en parler. Le principal, c'est que l'on soit tous les quatre ».
Ici comme à Mercin-et-Vaux, un autre sentiment prédomine, mêlé de « soulagement de ne pas être tombés sur eux » et de « l'envie de se faire justice soi-même ». Mme Massias se dit aussi : « Si l'État ne peut rien faire contre les récidivistes, il devrait au moins proposer une aide psychologique. On s'est attaqué à notre intimité ! »

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/nouvelle-vague-de-vols-avec-effraction-dans-le-soissonnais?mobile=mobile

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