«Il m’a dit : Prends le petit avec toi et donne-moi le numéro de téléphone des gendarmes. Je lui ai répondu : Tu as du sang sur toi, tu t’es bagarré? Il m’a dit : J’ai tué ma femme. » Ce résidant d’un petit immeuble de Bruyères-sur-Oise décrit l’horreur de la scène qu’il a vécue samedi vers 19 heures. Idrissa T., son voisin de 56 ans, a sonné à sa porte avec son fils de 6 ans à ses côtés pour lui confier son geste. Il vient de frapper sa femme de plusieurs coups de couteau. Quelques instants plus tard, le voisin entend son nom depuis le premier étage, c’est la victime, Aïssatou, elle agonise. « Elle m’a appelé trois fois, comme des appels au secours. Je suis monté. Elle était au seuil de sa porte, le corps à l’intérieur, la tête dans le couloir, comme si elle avait tenté de s’échapper. Je lui ai dit de ne pas bouger, de rester tranquille, que les secours allaient arriver. C’est tout ce que je pouvais faire. Elle est morte une heure et demie plus tard dans l’ambulance. »
Consternation
Entre-temps, le mari meurtrier a prévenu les gendarmes qui l’ont interpellé sur place. « J’ai eu peur qu’il y ait eu un carnage, que les autres enfants soient aussi victimes de son coup de folie, poursuit le voisin. Mais ils n’étaient pas là lorsque cela s’est passé. Il n’y avait que le petit. Il a quand même tout vu… » Le couple élevait aussi un autre garçon de 11 ans et deux filles de 13 et 16 ans.
Hier matin, c’était la consternation dans le petit immeuble de la rue Hector-Berlioz, qui comprend quatorze logements. « Le couple est arrivé dans l’immeuble il y a environ huit ans. Il n’y a jamais eu de problème avec les autres résidants. Au contraire. C’est inimaginable ce qui s’est déroulé », confie Eric, qui a croisé le mari avec les menottes.
« Nous sommes tous très choqués », prolonge Magali. « Ce sont des gens sans histoire. Des gens discrets qu’on n’entendait jamais. » Tous décrivent, unanimes, une Mère Courage. Elle semblait assurer les revenus du foyer et prendre totalement en charge les enfants. « Elle s’occupait de ses enfants, les éduquait. Elle faisait tout à la maison. C’était une battante. Elle ne méritait pas ce qui lui est arrivé », confie le voisin le plus proche du couple, qui précise que le mari ne travaillait pas. Un autre confirme : « Elle partait travailler le matin à 5h30 pour faire des ménages à Cergy-Pontoise et elle s’occupait de ses quatre enfants. Cela marchait droit. Elle était sympathique, courageuse. » Selon la procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, jointe hier, la victime a été touchée « par un grand nombre de coups de couteau ». L’autopsie est prévue aujourd’hui. « A priori, il n’y avait pas eu de plaintes préalables concernant des violences conjugales », ajoute la magistrate. La garde à vue d’Idrissa a été prolongée hier soir. L’enquête est confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie d’Argenteuil
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