Ils ont embarqué hier matin à bord d’un avion qui les a menés à Rome (Italie). Un billet aller sans date de retour. Brigitte et Alain Litzler, les parents de Mylène, 23 ans, portée disparue avec son compagnon, Mickaël, 25 ans, depuis le naufrage du « Costa Concordia » le 13 janvier, étaient attendus pour un briefing. Accompagnés des parents de Mickaël, ils devaient assister dans la journée à une réunion organisée par les autorités italiennes en compagnie des familles des 13 autres disparus.
Ces parents domiciliés à Sarcelles sont partagés entre la détresse et la colère. « On se sent abandonnés. Nous n’avons pas été contactés par le Quai d’Orsay depuis le 27 janvier », s’insurge la mère de Mylène, les traits tirés par la fatigue et l’interminable attente. Pour elle, impossible de se contenter des rapports que l’ambassade de France à Rome leur adresse par mail, surtout quand ces derniers indiquent que les recherches sont suspendues.
De Rome puis sur l’île du Giglio, au large de laquelle le paquebot s’est échoué, où ils vont se rendre, les parents entendent « pousser un coup de gueule ». « L’angoisse est toujours là mais la rage a aujourd’hui pris le dessus. Les recherches doivent reprendre et vite, lâche Brigitte. Trop de temps a déjà été perdu, alors que chaque minute compte. Ça devient insupportable. »
Pourtant, quatre semaines après l’accident, l’arrêt des recherches est envisagé et pourrait être évoqué par le préfet Franco Gabrielli, commissaire spécial en charge du naufrage. Pour les familles des disparus, il n’en est pas question, car l’espoir perdure. Elles estiment que certaines parties du bateau n’ont pas été explorées.
Alors aucune d’entre elles ne veut entendre parler de coûts, de pollution ou de mauvais temps. « Si l’Italie n’a pas les moyens nécessaires, qu’elle demande de l’aide aux autres pays, affirme Brigitte. La France doit faire pression. Il faut que le gouvernement nous donne les moyens de sauver nos enfants et rapidement. » Car, pour cette maman, le pire, c’est l’oubli. « On a l’impression que ça n’intéresse plus personne! » tempête-t-elle.
Du côté du Quai d’Orsay, on assure être « pleinement mobilisé avec le centre de crise et les agents de l’ambassade de France à Rome, qui est en contact avec les deux familles ».
Des arguments que n’entendent pas les proches du jeune couple. « Nous avons lancé un appel à témoins sur Facebook pour réunir des éléments nouveaux mais sans succès, explique André, l’oncle de Mylène. On nous a dit que tous les passagers ont déjà été contactés par téléphone, mais ce n’est pas vrai. C’est nous qui sommes contraints de le faire pour tenter d’avoir des informations. Ce n’est pas normal. »
Brigitte et Alain comprennent encore moins ce qu’ils estiment être un abandon de la part de la classe politique, alors qu’ils reçoivent beaucoup de messages de soutien de la part d’anonymes. Mais ils ne comptent pas abandonner pour autant. « Je me battrai jusqu’au bout avec mes petits moyens, clame Brigitte. Je veux retrouver mes gosses! »
Alors, comme ils l’ont déjà fait lors de leur premier séjour sur l’île, ces parents vont se poster pendant des heures sur la plage, les yeux rivés sur l’épave, et attendre.http://www.leparisien.fr/sarcelles-95200/on-veut-retrouver-nos-gosses-09-02-2012-1852815.php
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