Même une star de la cascade n’aurait pu se sortir de l’affaire dans laquelle Thibaut s’est fourré tout seul le 18 mars à Heillecourt au petit matin.
Le prévenu de 22 ans rentre d’une nuit en discothèque où il a fêté l’anniversaire de son frère. Il est ivre et rentre raccompagné par un ami. Ce qui ressemble à une mesure de prudence n’est en fait que la conséquence de l’annulation du permis de conduire de Thibaut, prononcée pas plus tard que le 1er mars par le même TGI devant lequel il comparaît à nouveau.
Déposé devant sa porte, le prévenu est confronté à un premier problème : il lui est impossible de l’ouvrir. Le jeu de la serrure est bloqué par une clé laissée à l’intérieur de l’habitation.
Deuxième problème, le copain chauffeur est reparti. Coincé dehors, Thibaut aurait pu appeler une bonne âme pour l’héberger ou éventuellement patienter un peu dans sa propre voiture garée devant chez lui. Non, il décide de partir chez sa copine.
Comment ? Avec son véhicule à bord duquel il file tout droit sur une difficulté : le traditionnel contrôle monté par la police au rond-point de la sortie Heillecourt sur l’A 330. La patrouille qui s’apprête à remettre un conducteur dans le trafic voit dans le jeune homme son prochain client et lui fait signe de se garer. Thibaut n’en a pas du tout envie. Ce qui se comprend au regard de sa situation.
Au lieu de ralentir, il accélère et prend la fuite et un giratoire à contresens. La police le prend en aussitôt en chasse.
La course-poursuite prend un caractère spectaculaire quand, à force de contacts avec les trottoirs, le prévenu perd la roue arrière gauche, mais ça ne suffit pas à l’arrêter. Le prévenu maintient une trajectoire hasardeuse, enchaîne les chocs contre les bordures, dont un a raison de son pneu avant droit. Gonflé à l’adrénaline, le prévenu ne peut plus aller très loin et se fait cueillir. Son alcoolémie est alors mesurée à 1,46 g dans le sang.
Si personne n’est blessé, Thibaut se dit « conscient d’avoir pu provoquer des dégâts plus conséquents ».
Le parquet réclame 8 mois d’emprisonnement dont 3 avec sursis.
« Incarcéré depuis le 19 mars, mon client n’est plus le même et a pris la mesure des faits » plaide Me Dominique Tallarico. « Sa priorité est aujourd’hui de se réinsérer après une dérive scolaire, professionnelle et personnelle. C’est une personne qui a besoin d’être aidée et poussée », ajoute le conseil qui verrait mieux une mise à l’épreuve.
Elle est entendue par le tribunal qui prononce 8 mois de prison dont 7 avec sursis et mise à l’épreuve pendant 2 ans. Ayant pratiquement accompli la partie ferme en détention provisoire, le jeune homme sera libre dans quelques jours.
http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2012/04/14/cascadeur-involontaire
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