Il avait barricadé la porte de sa chambre d’hôtel avec le lit et une armoire. Pendant plus de trois heures, le 1er novembre 2011, Raphaël Ayassi avait saccagé la chambre qu’il occupait à l’hôtel d’Alsace dans un calme surréaliste, sans la moindre explication sur son geste.
Que s'est-il passé dans la tête de Raphaël Ayassi, le forcené de la rue du Général-Sarrail à Reims, retranché dans sa chambre d'hôtel le soir de la Toussaint 2011 ? Pendant plus de trois heures, l'homme, âgé d'une trentaine d'années, avait - sans raison aucune et sans mot dire - soudainement entrepris de se barricader dans la chambre qu'il occupait depuis plusieurs mois et de tout saccager dans la foulée, se contentant, le visage caché par une cagoule, les mains gantées, de tout détruire dans la pièce et de jeter au fur et à mesure les débris par la fenêtre donnant sur la rue des Ecrevées.
Maîtrisé par le Taser
Aux policiers, venus le raisonner en tentant d'engager un dialogue derrière la porte de la chambre, il n'avait pas décroché un mot. Pendant tout son forfait, il était resté silencieux. Manifestement en proie à une crise de démence (il aurait déjà fait par le passé un séjour en psychiatrie), il avait entrepris de détruire tout ce qui se trouvait à sa portée : du mobilier aux sanitaires en passant par les installations électriques. Il avait également mis le feu à différents objets qu'il avait jeté par la fenêtre au gré de ses envies.
Aux environs de 20 heures, il avait attaché une couverture à la rambarde extérieure de la fenêtre, à laquelle il avait fini par mettre le feu. C'est à ce moment, craignant qu'il ne déclenche un incendie ou ne se jette par la fenêtre, que les policiers avaient décidé d'intervenir, pendant que les sapeurs-pompiers, munis de lances, prenaient position jusque dans l'immeuble d'en face. Le forcené avait finalement été maîtrisé par un tir de Taser au terme d'une opération musclée.
Placé en garde à vue à l'issue de son interpellation, il n'avait su expliquer son geste, se plongeant dans un mutisme total.
Dans un premier temps, à la suite de son examen par un médecin et un psychiatre, il avait été hospitalisé sous contrainte par décision préfectorale, dans une unité spécialisée de la région. Sorti de l'hôpital en début d'année, il avait été interpellé le 7 février par les policiers du commissariat de Reims, dans le cadre d'une enquête ouverte pour « dégradation grave du bien d'autrui ». Il avait alors pris le chemin de la prison, à l'issue de son audition. Les policiers avaient profité de l'avoir sous la main pour mettre à exécution une révocation d'un sursis de 5 mois prononcée par un juge d'application des peines.
Demain, Raphaël Ayassi, qui n'avait posé aucun problème particulier les deux mois où il logeait à l'hôtel d'Alsace, devra s'expliquer sur les raisons qui l'ont poussé à commettre un tel saccage.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/le-forcene-de-la-rue-du-general-sarrail-a-la-barre
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