jeudi 12 avril 2012

Nouveau coup de sang d'une élève sur ses professeurs de fac

Six mois de prison ferme avec un aller simple direction la maison d'arrêt. C'est ce qu'il en coûte quand on menace de mort ses professeurs…

« On va s'occuper de toi. C'est toi qui seras pas belle à voir. On va bientôt te régler ton compte… Même tes gosses te reconnaîtront pas ! »… « Tu t'es mis tout seul sur la liste des personnes à démolir. Si on n'arrive pas à t'avoir, ça sera ta femme. Je pense qu'elle sera une meilleure cible »… Le 23 mars dernier, Houria T., une étudiante en Master 1 management-marketing à la faculté d'Arras, une faculté qu'elle a rejoint car exclue de la faculté rémoise, a inondé de mails de menaces une attachée administrative, ainsi qu'un chercheur de la faculté de Reims… pour la simple et bonne raison qu'ils ont eu l'audace de témoigner contre elle dans une autre affaire de menaces de mort sur un autre professeur.

Une vengeance

Les faits remontent au mois de juin dernier. Mécontente d'un 6/20 attribué à son rapport de stage, l'étudiante avait exigé d'être immédiatement reçue par son professeur. L'enseignante étant déjà occupée, Houria s'était énervée, avait donné des coups dans la porte et avait été ceinturée par un autre élève… En furie, la jeune fille avait alors menacé de mort l'enseignante : « Je vais te crever, la sal… ! T'as de la chance d'être sur le campus, je t'aurai ailleurs ! » L'altercation s'inscrivait dans un contentieux opposant depuis plusieurs mois les deux personnes.
A l'époque, le parquet avait voulu mettre fin à l'escalade en faisant juger l'étudiante selon la procédure de comparution immédiate, mais la jeune fille avait été relaxée. Le parquet avait alors fait appel… Houria avait finalement été condamnée le 23 mars dernier, en appel, à 6 mois de prison avec sursis, ainsi qu'à une interdiction de pénétrer sur le campus. Une condamnation qu'elle n'a pas digérée, retournant alors sa hargne sur les témoins de cette première affaire. Des mails de menaces avec photos des enfants à l'appui…
Mardi, de nouveau convoquée devant le tribunal selon la procédure de la comparution immédiate, l'étudiante, une jeune fille issue des quartiers défavorisés, a crié au complot. Sans vraiment s'excuser, elle a indiqué qu'elle « n'avait pas réfléchi sur le coup. J'étais énervée. Les mails, ce n'était que du bla-bla… Ils n'ont rien à craindre… » Un point de vue que n'a pas cautionné Laurent de Caigny, procureur-adjoint, relevant le « degré de gravité » de cette affaire. « Ce ne sont pas quelques mails, des paroles en l'air. Ce ne sont pas que des mots… On parle de « cible », de « régler ton compte »… Ce sont des menaces de mort, c'est beaucoup plus grave que de simples violences verbales. » Et de requérir de la fermeté à l'égard de l'étudiante : 8 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné Houria à 6 mois de prison ferme avec maintien en détention… Voilà qui va couper court à son année scolaire et n'a pas eu l'air de lui plaire. C'est en se rebellant que la jeune fille a finalement pris mardi soir le chemin de la maison d'arrêt.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/nouveau-coup-de-sang-dune-eleve-sur-ses-professeurs-de-fac

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