Les pirates bulgares s’attaquaient aux distributeurs de billets lyonnais
Un dossier d’instruction volumineux, mais un box à moitié vide, conséquence d’une détention provisoire de plus de deux ans et d’une logique remise en liberté sous contrôle judiciaire.
Six des dix Bulgares poursuivis notamment pour participation à une association de malfaiteurs et escroquerie réalisée en bande organisée se sont bien gardés hier de venir s’expliquer devant la 16 e chambre correctionnelle de Lyon. À des degrés différents, ils ont participé entre septembre et décembre 2009 à une véritable opération de piratage de données bancaires de particuliers.
Des clients effectuant benoîtement des retraits aux distributeurs automatiques d’établissements de la rue Victor-Hugo, de la place des Terreaux et du cours Charlemagne, ne sachant pas que grâce à un système ingénieux, leurs coordonnées étaient piratées. Un système que connaissent bien les informaticiens et relativement facile à mettre en place, pouvant rapporter gros.
Ils logeaient à Irigny et Brignais
Car ces jeunes issus d’un même quartier de Sofia avaient pour mission de venir par petits groupes, en bus, pour ensuite être provisoirement logés dans un hôtel d’Irigny, puis dans un appartement de Brignais, loué pour la circonstance par des relais sur place dont une jeune femme. Des séjours d’une à deux semaines, en moyenne, pour ne pas éveiller les soupçons. Juste le temps pour eux de gagner 100 dollars par jour passé à installer à deux le mouchard dans la fente des distributeurs et de récupérer les données. Les commanditaires, eux, se chargeaient d’effectuer des retraits frauduleux en Bulgarie, mais aussi au Kenya, en Afrique du Sud, aux États-Unis et en Australie. Des araignées se rencontrant sur la toile de tous les trafics à l’appétit féroce. La police judiciaire, à force de filatures, a bien coupé quelques pattes sans toutefois parvenir, malgré un mandat international, à atteindre la tête. Reprise de l’audience aujourd’hui avec la plaidoirie des banques de la partie civile, qui estiment le préjudice direct à près de 300 000 euros et du réquisitoire du parquet.
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