Hier, le ton a été rapidement donné… Alors qu’il demandait à Alain Wégerlé pourquoi il avait fait appel de cette condamnation à perpétuité l’an passé à Nancy et que l’accusé venait de répondre qu’il n’avait pu s’expliquer comme il le souhaitait, le président de la cour d’assises en appel de Moselle a lâché : « N’est-ce pas plutôt pour imposer une nouvelle souffrance aux parties civiles ? ».
Ces petits arrangements avec les droits de la défense ne vont guère aider Alain Wégerlé, qui est au seuil des ténèbres. Ce Toulois de 49 ans a commis l’irréparable dans la nuit du 2 au 3 octobre 2008, dans le pavillon familial. Un geste fou. Insensé. Alors que sa femme vient de lui confirmer, en début de soirée, qu’elle souhaite divorcer, après 16 ans de mariage, ce mécanicien aéronautique, persuadé que son épouse a une liaison extra-conjugale, a tué, à 1 h 40, ses deux fils dans leur sommeil d’un coup de fusil de chasse à bout portant, avant de retourner l’arme contre lui.
Convoqué à Metz par la cour d’assises, alors qu’il travaille désormais à La Réunion et que sa déposition aurait très bien pu être recueillie par visio-conférence, le policier qui a dirigé l’enquête a raconté cette soirée d’horreur : Isabelle, la mère, qui se lève en sursaut après une première détonation, qui tente d’ouvrir la porte de la chambre « bloquée par un balai », puis la seconde détonation.
Alain Wégerlé vient de tuer, chacun dans leur chambre, Alexis et Rémi, 14 et 11 ans. « Elle est parvenue à sortir, a attrapé le canon du fusil. ‘’ C’est trop tard, tu vas le payer ‘’, lui lance-t-il. Alain Wegerlé l’a traînée sur quelques mètres, elle a lâché prise ». Quelques secondes plus tard, nouvelle détonation. Le mari vient de se tirer une balle dans la région du cœur.
Dans la maison, plusieurs petits mots, disséminés ici et là et patiemment rédigés durant la soirée. À sa femme : « Ma chère, Isabelle, tu es mon amour, je ne supporte pas la séparation. J’emmène avec moi nos deux petits amours, pardonne-moi, je t’aime trop pour te voir dans les bras d’un autre… ». Aux enquêteurs : « C’est un drame familial comme il n’en arrive heureusement pas tous les jours. Si vous voulez savoir l’ordre des décès, en premier Alexis, puis Rémi et moi-même. Excusez moi encore du dérangement… ».
« Pour que les enfants ne souffrent pas du divorce »
En garde à vue, Alain Wégerlé, « très calme », déclarera dans un premier temps qu’il avait « tué les enfants pour faire plus de mal à Isabelle en lui enlevant les êtres qu’elle aimait ». Il se rétractera. « C’était pour que les enfants ne souffrent pas du divorce ». C’est d’ailleurs l’explication qu’il donne dans un mail envoyé moins de dix minutes avant le drame à des amis et des proches.Le président, dans le droit fil de sa première intervention de la journée, ne l’affiche pas ouvertement mais doute de la volonté de Wégerlé de se suicider. Le légiste le ramène à la raison : « Vu le calibre utilisé, il n’y a pas le moindre doute à avoir sur sa volonté d’en finir ».
Huit jours plus tôt, alors qu’il était affairé à découvrir avec qui sa femme, apprêtée comme jamais, correspondait depuis plusieurs semaines, il avait menacé : « Méfie-toi, j’ai des armes. Si tu t’en vas, tu vas le regretter. N’oublie pas que tu as des enfants… ».
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2012/07/05/mefie-toi-j-ai-des-armes
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