dimanche 11 novembre 2012

Des casernes de gendarmeries en sursis

Des casernements vétustes. Voire insalubres. Des logements de service qui ne répondent plus aux normes de sécurité. Les gendarmes français sont mal logés. Et la situation se dégrade d’année en année. « Vous ne voudriez pas vivre dans certaines casernes. Les conditions sont inacceptables. Des gendarmes font eux-mêmes les travaux sur leurs temps de loisirs », soulève le député Daniel Boisserie, auteur d’un rapport sur le programme « Gendarmerie nationale » du projet de loi de finances pour 2013.
Le parc de logements et les locaux de service de la Gendarmerie nationale ne sont plus très jeunes, respectivement 39 ans et 50 ans de moyenne d’âge. « Une centaine de casernes domaniales » exigeraient des interventions urgentes, selon le député PS de Haute-Vienne. Ce dernier ajoute : « L’état de dégradation de certaines gendarmeries pourrait aboutir au déclassement de logements pour insalubrité. La solution serait ensuite un relogement sous le signe de l’urgence dans le parc locatif. Avec un coût important au final ».
Alors que faire dans un contexte où l’Etat doit faire des économies ? La situation ne devrait pas s’améliorer l’année prochaine. Les programmes de travaux ont encore diminué. « Ce sera la dernière année de baisse, jure le député PS. Rien n’a été fait pendant le quinquennat précédent. »
Les crédits globaux pour les programmes d’investissements de la gendarmerie vont en effet baisser par rapport à 2012 de 289 à 165 millions d’euros. Avec cette somme, au-delà des travaux les plus urgents dans le parc domanial, il faudra aussi moderniser les systèmes d’information et de communication et acheter de nouveaux véhicules (40 millions d’euros).
« Dans les casernes soutenues par les collectivités locales, les situations sont plus confortables », nuance le député.
Avant de se lancer dans des importants programmes de rénovation, une réflexion sur l’organisation globale de la gendarmerie sera nécessaire. Cela pourrait notamment aboutir à la suppression des casernes de quatre gendarmes jugées « totalement inefficaces ». « Mais attention en accord avec les collectivités locales. Si une commune est prête à s’engager dans des rénovations, des maintiens seront possibles », souligne l’élu de terrain, maire d’une petite commune de 7 000 habitants. Une autre piste possible consisterait à ne plus maintenir des casernes en zone police (et vice-versa).
Enfin, le député Daniel Boisserie compte aussi sur le produit de la vente des biens immobiliers de la gendarmerie. Pour 2012-2014, les cessions immobilières sont estimées à 120 millions d’euros. « Une manne non négligeable, dont on ne pourrait se passer pour rénover les casernes », souligne le député pointant du doigt la loi Duflot. « Il serait tout de même paradoxal de financer le logement social en récupérant cet argent des cessions. Cela aggraverait encore la situation d’un autre logement social, celui des gendarmes », insiste Daniel Boisserie

http://www.leprogres.fr/france-monde/2012/11/11/des-casernes-de-gendarmeries-en-sursis

Aucun commentaire: