jeudi 17 janvier 2013

Mont-de-Marsan : "Vous avez tort de jouer avec la justice"

Anthony Siacca. À moins que vous soyez juge, avocat, policier, tuteur à l'Udaf ou tout simplement l'une de ses victimes ou de ses anciens voisins de la rue du Mirail, ce nom ne vous dira certainement rien. Pour situer le personnage, il suffit de remonter au jour de décembre où ce Montois de 21 ans devait initialement être jugé. Anthony n'était pas à la barre. Le réflexe du parquet avait été sans appel : connaissant l'homme, il fallait s'assurer qu'il n'était pas de nouveau placé en garde à vue...
Point positif, hier, l'individu à l'existence chaotique était là. Non seulement le majeur protégé était présent, mais il reconnaissait tous les faits qui lui étaient reprochés. Cette fois, il y en avait cinq (il avait déjà été condamné cet hiver pour des feux de poubelles et il retrouvera le tribunal pour des faits de violence en février, NDLR). Cinq délits à l'image de ce petit délinquant aussi dérangé que dérangeant.

Jugez plutôt sur pièces. Premier passage à l'acte, le 1er avril dernier, à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne. Couteau à la main, Anthony avait menacé de s'entailler les veines et de crever les pneus des voitures s'il n'était pas hospitalisé. Deuxième incident, le 7 mai, avec l'extorsion d'une télévision à l'un des autres majeurs protégés de l'Udaf. Troisième fait, le 10 juillet. Lors d'un énième problème de voisinage, rue du Mirail, Anthony avait frappé son opposant… Pour la quatrième aventure, direction Perpignan. C'était le 25 août, le Montois avait tenté d'ouvrir une voiture avec un couteau à cran d'arrêt mais la lame s'était refermée sur ses doigts... Le dernier délit de la série avait de nouveau été commis à Mont-de-Marsan. Le 11 septembre, Anthony avait été interpellé sur la selle d'un vélo volé, acheté pour 100 euros. Pour la petite histoire, sa valeur neuve était de 79,99 €.
Une vraie « misère »
Que faire de ce prévenu trop connu des prétoires ? Comment remettre sur les rails ce jeune adulte brisé depuis l'âge de 12 ans, ce fils d'un délinquant notoire qui vécut de foyers en familles d'accueil en passant par l'hôpital jusqu'à son placement sous tutelle, à l'âge de 18 ans ? « La tâche n'est pas facile », reconnut son avocat, Me Pascale Haurie, en réponse aux six mois de prison ferme requis quelques minutes plus tôt par la substitut du procureur, Véronique Fontan, « pour qu'il comprenne qu'il y a des limites à tout ».
Après en avoir délibéré, le président du tribunal, Francis Bobille, a choisi de sanctionner l'absence totale de regrets du mis en cause et sa désinvolture certaine en le condamnant à un an de prison ferme avec mandat de dépôt à l'audience.
Quelques instants auparavant, Anthony Siacca avait lancé au juge : « Vous pouvez m'embarquer maintenant, ça ne me fait rien. » « Vous avez tort de jouer avec la justice... », avait rétorqué Francis Bobille.
Me Haurie ne retenait, elle, que deux mots : « misère » et « galère ».

http://www.sudouest.fr/2013/01/16/vous-avez-tort-de-jouer-avec-la-justice-935487-3452.php

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