Le procureur de la république de Pau Jean-Christophe Muller pourrait faire savoir aujourd’hui s’il fait, ou non, appel du verdict de la cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques qui a condamné Samson G. à quinze ans de réclusion criminelle.
Vendredi soir, les jurés ont reconnu que le jeune gitan de 17 ans et 11 mois au moment des faits avait donné volontairement la mort à Jérémy Censier, 19 ans, lors des fêtes de Nay, le 22 août 2009. La cour lui a accordé l’excuse de minorité qui divise par deux la peine encourue (30 ans), le condamnant ainsi à la peine maximale pour un mineur.
Pour mémoire, l’avocat général avait requis une peine de 17 ans à 20 ans après avoir demandé aux jurés d’écarter l’excuse de minorité.
Le second couteau écarté
Depuis le mois de janvier 2012, les cours d’assises doivent motiver leur verdict. « Sud Ouest » a pu prendre connaissance de la feuille de motivation cosignée par le président et le premier juré à l’issue des quatre heures et demie de délibéré.
D’emblée, ils écartent la thèse du second couteau utilisé par un autre agresseur qui aurait provoqué la blessure mortelle du jeune Gersois touché au thorax. C’était le principal moyen de défense de l’accusé et de ses avocats pendant les dix jours du procès.
Une thèse qui « n’a été confirmée ni par les témoins, ni par les coaccusés, ni par les constatations médico légales », estiment les jurés.
Quant à l’argument selon lequel personne n’a vu Samson G. en possession du couteau avec lequel il a reconnu avoir frappé à deux reprises Jérémy Censier à la tête, les jurés répondent que « compte tenu de la rapidité de la scène, il n’est pas étonnant que les témoins n’aient pas vu le couteau dissimulé dans la main de Samson G. ».
Dès lors, la cour a dû se déterminer entre le meurtre d’une part et les coups et blessures involontaires ayant donné la mort sans intention de la donner d’autre part. Les jurés ont penché pour la première proposition : « La violence et l’emplacement des coups de couteau démontrent incontestablement la volonté de tuer de la part de Samson G. ».
L a cour s’est aussi appuyée sur les déclarations de l’accusé devant le juge d’instruction lors desquelles il ne « limitait pas l’utilisation du couteau à des coups au visage puisqu’il a déclaré notamment “j’ai planté le monsieur” ». Les déclarations devant l’enquêteur de personnalité, les experts psychiatre et psychologue au cours desquelles Samson G. avait indiqué être « l’auteur » ou avoir « donné la mort » à la victime ont également pesé.
La défense réfléchit
Enfin, les jurés ont retenu le témoignage du second médecin légiste. La professeur bordelaise Sophie Gromb considère que le couteau utilisé par Samson G. pouvait être « tout à fait celui qui est à l’origine des coups ».
Les avocats de Samson G., Mes Denise Pombieilh et Thierry Sagardoytho, n’ont pas encore décidé s’ils allaient interjeter appel. Ils ont jusqu’à lundi pour le faire. Ils rendront visite à Samson G. dans sa cellule samedi.
Reste qu’une autre surprise est possible. Avocat de Jonathan Fajardo, qui a écopé de quatre ans de prison, Me Pierre Blazy « n’a pas arrêté son choix ».
Retenu dans un procès d’assises au Gabon, où il fait savoir qu’il se trouve, Me Pierre Blazy devrait rencontrer son client en fin de semaine. Placé en détention provisoire pendant quinze mois avant le procès, Jonathan Fajardo, 29 ans, devrait néanmoins pouvoir sortir de prison dans quelques mois, par le biais des remises de peine
http://www.sudouest.fr/2013/02/13/affaire-jeremy-censier-les-motivations-des-jures-965419-4483.php
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