lundi 14 octobre 2013

Trafic de meubles et d'œuvres d’art : les escrocs présumés devant le tribunal

Le montant des dommages et intérêts réclamés par les parties civiles risque de se chiffrer en millions d’euros. Dès ce matin, huit prévenus mêlés à un trafic de meubles et d’objets d’art contemporain seront jugés par la chambre de la juridiction interrégionale spécialisée du tribunal correctionnel de Bordeaux. Ils sont en effet renvoyés devant les juges pour association de malfaiteurs, escroquerie, contrefaçons et recel de contrefaçons en bande organisée.
On leur reproche d’avoir, de près ou de loin, participé à un commerce illicite de meubles et sculptures des artistes disparus Alexandre Noll, Jean Prouvé et Charlotte Perriand, en faisant réaliser des reproductions de ceux-ci. Contrefaçons qui auraient été écoulées dans des galeries de renom, en France et à l’étranger et notamment aux États-Unis.

Farouches dénégations
L’« affaire » aurait été pensée par Christian Duran qui évoluait dans le milieu parisien de l’art et qui l’aurait « léguée » à son décès en 2006 à ses ayant droit, à savoir sa veuve et ses deux enfants, qui sont attendus par les juges et le vice-procureur Pierre Bellet.
En trois ans, les mouvements financiers constatés par les enquêteurs de la division des affaires économiques et financières de la police judiciaire sur les comptes bancaires de membres de la famille Duran ont additionné plus d’un million d’euros, perçus au titre de transactions réalisées sur des objets ou meubles attribués à ces artistes.
Mais pour nombre d’avocats de la défense, les faits reprochés sont discutables. Devraient donc être discutés, voire niés par les prévenus la contrefaçon, comme la complicité, aussi bien que l’escroquerie ou la bande organisée.
« On est parti de pièces saisies en 2008 chez les uns et les autres pour généraliser et faire de tout ce qui a été vendu pendant des années des contrefaçons », s’étonne, critique, Me Benoît Ducos-Ader, qui défend la veuve de Christian Duran. « Mais on n’est pas allé dans les galeries ou chez leurs clients prestigieux satisfaits de leurs achats pour expertiser et vérifier si les œuvres vendues au fil des années étaient des faux ou évidemment des originaux », poursuit l’avocat.
Il ne peut concevoir qu’on puisse ainsi berner des éminents professionnels, antiquaires ou amateurs d’art avec de simples reproductions

http://www.sudouest.fr/2013/10/14/oeuvres-d-art-et-bande-organisee-au-tribunal-1198088-2780.php

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