vendredi 11 octobre 2013

Vosges : Maud Tellier crie à l’acharnement

« Qu’on révoque mon contrôle judiciaire. Je préfère encore retourner en prison », lâche Maud Tellier sous le coup de la colère. « C’est de l’acharnement. Contre mon fils et moi… Comme s’ils avaient décidé de jouer avec nous », soupire-t-elle quelques secondes plus tard, bousculée par toutes sortes d’émotion.
Rappel des faits. Maud Tellier a été impliquée dans un des faits divers les plus extravagants de ces dernières années. Avec son compagnon Olivier Benoît, la jeune Vosgienne est venue s’accuser un jour de novembre 2007, d’avoir tué Robert Pichon, 61 ans. Le corps de la victime n’a jamais été retrouvé. Le couple a été jugé au printemps par la cour d’assises des Vosges. Olivier Benoit a été acquitté de ces faits. Maud Tellier, reconnue coupable d’avoir donné des coups ayant entraîné la mort. Elle a toujours maintenu s’être défendue suite à une tentative de viol du sexagénaire de Moyenmoutier. Condamnée à 8 ans de prison, elle a purgé une partie de sa peine à Nancy avant d’obtenir une libération conditionnelle en juillet, compte tenu « de ses efforts de réadaptation » et à son comportement de détenue modèle.
Elle a alors trouvé refuge à Raon-l’Étape, chez sa belle-mère où elle a pu retrouver son petit garçon né en prison. L’enfant souffre de retards de développement. Maud Tellier tente de réparer toutes ses années perdues. Elle s’est notamment battue pour mettre en place autour de lui un dispositif de prise en charge afin de l‘aider à surmonter ses difficultés. « Un projet qui mérite d’être encouragé », avait d’ailleurs remarqué le juge d’application des peines qui l’a suivie au cours de sa détention. Un avis pas vraiment partagé par une collègue d’Épinal. Le magistrat a en effet convoqué la jeune mère de famille à la rentrée pour lui signifier son intention de l’exclure des Vosges. Maud Tellier, flanquée de son avocat Me  Glock a tenté de faire entendre son point de vue. La JAP vosgienne a rendu sa décision hier. Enfin pas tout à fait. Elle a ajourné celle-ci au 6 février prochain. En attendant, la jeune femme devra se soumettre à de nouvelles expertises psychiatriques destinées à évaluer sa capacité à s’occuper seule de son petit garçon. « Si on m’estime apte tout en m’interdisant de rester dans les Vosges ? Je vais l’arracher brutalement à son cocon familial ? ». Telle un louve, Maud Tellier se défend bec et ongle. Elle fera appel de cette décision. « La motivation est incompréhensible et inconsistante », s’étonne Me Glock. « On reproche à ma cliente le laps de temps très court qui s’est écoulé entre le verdict de la cour d’assises en avril 2013 et son retour à Raon-l’Étape. Les faits remontent à 2007 ! Il fallait la juger plus tôt ! », hausse des épaules le conseil.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/10/11/maud-tellier-crie-a-l-acharnement

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