Sans doute pas si l'on considère que ce chauffeur-livreur, accusé de violences sur agent dépositaire de la force publique (en l'occurrence un policier de la brigade anticriminalité), a subi un dommage corporel sérieux de la part de ce fonctionnaire de la BAC, lui-même griffé à l'œil.
Le médecin de l'hôpital d'Albi qui avait examiné M. El Haddouchi, lundi soir, avait relevé un traumatisme orbitaire à l'œil gauche et une fracture de la paroi latérale du sinus maxillaire. Mardi, le jeune homme a consulté un spécialiste en ophtalmologie au CHR de Toulouse-Purpan. Verdict de l'examen : « baisse d'acuité visuelle à l'œil gauche de 5/10e, œdème maculaire avec contusion rétinienne temporale ». « J'ai un autre rendez-vous ce 17 novembre à Purpan », indique Mohamed.
Hier après-midi, c'est au commissariat d'Albi qu'il avait rendez-vous. Pour s'expliquer sur sa responsabilité présumée. On lui a d'ailleurs remis une convocation pour le 17 janvier, devant le tribunal correctionnel. « Mais je vais aussi déposer plainte pour les violences que j'ai subies. C'est gratuit ce qu'il m'a fait. » Mohamed El Haddouchi n'a pas la même version que la police sur ce qui s'est passé lundi, vers 18 h 30. « Comme je n'ai pas de voiture en ce moment, un ami m'avait conduit au pressing. En revenant, on s'est fait contrôler par la BAC alors qu'on n'avait pas commis d'infraction. À force de me contrôler, ils me connaissent, mais je ne suis pas un bandit. C'est vrai, il y a 10 ans, j'avais été impliqué dans une bagarre à Graulhet, mais aujourd'hui, je suis un père de famille qui travaille et paie ses impôts comme tout le monde. »
« Une pêche qui m'a mis KO »
Mohamed conteste avoir voulu se soustraire au contrôle. « J'ai vidé tout ce que j'avais dans les poches. Mais quand le policier m'a pris par les épaules, je me trouvais juste au bord des escaliers. Pour éviter de tomber, je me suis raccroché à lui, c'est là que je l'ai griffé à peine. Lui m'a donné une pêche qui m'a mis KO. » Mohamed ne comprend pas cette réaction. « Il n'y a pas eu d'insulte, pas d'outrage. Ils nous soupçonnaient d'un trafic ? Mais je ne bois pas, je ne fume pas, je n'ai jamais eu un gramme de shit sur moi. » À la justice désormais de faire jaillir la vérité.http://www.ladepeche.fr/article/2011/11/17/1217844-albi-mohamed-se-dit-victime-d-une-violence-gratuite.html
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